On sent bien l'influence des films d'Ari Aster sur ce film qui mise plus sur son atmosphère que sur les jump scares. On pense à "Hérédité" pour le rythme lent, les scènes nocturnes inquiétantes et les personnages perturbés, et à "Midsommar" pour le parfum de folk horror - celtique pour "Fréwaka".
Les personnages principaux sont deux femmes, l'une jeune et l'autre âgée, qui ont en commun un passé douloureux et un deuil surmonter. Elles vont devoir en plus affronter des forces diaboliques venues réclamer leur dû.
Tout le film se déroule presque entièrement dans la grande maison de la vieille femme. Les deux personnages sont profonds et complexes et les actrices sont remarquables.
Le film refuse le spectaculaire. Ne vous attendez pas à voir un diable à sabots et queue fourchue. Ici, c'est la suggestion qui prime. Quelques apparitions d'un bouc dans le village (le bouc, une valeur sûre de la peur), un arbre magique, un démon trompeur à l'apparence humaine, un mystérieux sous-sol à porte rouge qu'il ne faut pas ouvrir, une silhouette cornue qui se découpe sur le ciel au loin... Des visions fugitives, d'une grande simplicité et sans effets spéciaux, mais qui donnent des petits frissons dans le dos.
Le réalisateur laisse planer le doute sur la réalité des assauts démoniaques. La jeune femme, dont la mère vient de se suicider par pendaison, se montre de plus en plus perturbée et hantée par des cauchemars. La vieille femme dont elle s'occupe est persuadée que des forces démoniaques essaient de pénétrer dans sa maison. Sa paranoïa galopante contamine la jeune femme et on ne sait plus si la menace est réelle ou si ce sont des hallucinations liées à son état mental perturbé.
La photo est magnifique. Pour peu que vous vous laissiez gagner par l'ambiance crépusculaire et paranoïaque, vous passerez un très bon moment.