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le 17 sept. 2023
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Herzog s’intéresse ici au Dr Scott, prédicateur présentant chaque jour des heures d’émissions sur sa propre chaîne câblée. Il y exhorte les téléspectateurs à s’en remettre entièrement Dieu, mais aussi à ouvrir leurs portefeuilles pour soutenir son église.
Il est parfois délicat de savoir si Scott est animé par une foi délirante ou s’il est un simple arnaqueur. La folie d’un homme rejoint celles de tous ses fidèles qui crachent au bassinet – il se vante de réunir un quart de millions de dollars en quarante-cinq minutes – pour s’acheter une place au paradis.
Ce qui est très beau c’est qu’Herzog le filme sans second degré, un peu à la manière d’Albert Serra quand il filme son toréador dans Tardes de soledad. C’est un portrait critique ou glorifiant suivant ce que l’on en pense. Si Scott regarde le film, il ne pourrait que saluer son entreprise, tant Herzog ne se livre à aucune trahison, aucun point de vue extérieur.
Ce sont les images qui parlent. Et ces images en font un portrait à charge, le rendent aussi terrifiant que pathétique, aussi infantilisant qu’effrayant dans sa démarche d’aveuglement de ses concitoyens, autant par son calme olympien que par ses hystéries de psychopathe.
Par ailleurs, l’idée est moins de centraliser le propos sur la foi et ses dérives obscurantistes, que de proposer une réflexion sur l’Amérique et ses cultes : l’argent, la réussite, les médias. Un moment donné, un groupe de gospel entonne des couplets sur la foi en Jésus tandis que des numéros d’appel pour récolter des dons s’affichent à l’écran. Tout le programme y est froidement résumé là, retranscrit tel quel, de façon assez glaçante.
Créée
le 10 avr. 2026
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