À défaut de retrouver le cachet "eighties" et le charme de l’original, ce remake s’impose comme un divertissement musclé, porté par une énergie brute et une distribution globalement inspirée. Colin Farrell, magnétique en vampire de banlieue, navigue avec aisance entre sensualité ténébreuse et prédation animale. David Tennant, cabotine savoureusement en showman excentrique, en apportant une autodérision bienvenue dans un registre plus trash que le respectable Roddy McDowall; et la pulpeuse Imogen Poots crève l'écran en reine du lycée. Seul bémol : le regretté Anton Yelchin, à qui il manque un peu de l'épaisseur nécessaire pour porter le récit.
Le film va trop vite en besogne à mon goût, en précipitant l'irruption du surnaturel sans qu’un réel doute n’ait eu le temps de s’installer chez les personnages et les spectateurs, la réalisation assez bourrine sacrifie la graduation du mystère et l’ambiance horrifique qui font généralement le sel de ce genre de films. Mais l’inventivité des séquences d'action, ainsi que la maîtrise consommée de la tension lors des climax, compensent grandement cela et permettent d’offrir un spectacle généreux qui finit par emporter l’adhésion. Bref, ce Fright Night (même les titres de remakes ne sont plus traduits apparemment) s’avère être un film de genre honnête et sans prétention, que je trouve exagérément boudé, sans doute à cause de la comparaison nostalgique avec la première version.