Film de fin de carrière pour Arthur Penn : nous sommes en 1987 et le Nouvel Hollywood est désormais bien loin, il n'est plus question pour le réalisateur de "Bonnie and Clyde" ou "Little big man" d'expérimentations techniques ou narratives, ni de remise en question du média.
"Dead of winter" s'inscrit a contrario dans la tendance des polars hollywoodiens manipulateurs qui commencent à pulluler sur les écrans, dans la droite ligne d'un Brian De Palma, auquel le film m'aura souvent fait penser, en raison de sa fibre hitchcockienne (le thème du double notamment) et de son second degré mâtiné d'humour noir.
Autant dire qu'à titre personnel, j'ai plutôt passé un bon moment, grâce à un scénario certes prévisible et non dénué de grosses ficelles, mais assez mystérieux et cynique pour emporter mon intérêt. Les rebondissements sont énormes, les invraisemblances du même format, ce qui explique sans doute l'échec critique et public du film, mais les comédiens ont l'air de s'amuser et Penn également, distillant ça et là quelques gags croustillants qui viennent conforter l'atmosphère tragi-comique du récit.
Le décor enneigé apporte également un plus non-négligeable en terme d'ambiance, entre le froid polaire des extérieurs et l'environnement feutré et faussement chaleureux de la grande maison.
Pour finir, si la distribution peu prestigieuse constituait plutôt un frein au départ, j'ai finalement apprécié les prestations (certes appuyées) de Roddy McDowall et du méconnu Jan Rubes, tandis que Mary Steenburgen compense son manque de glamour par un investissement sans faille.