Revue pour la quatriéme fois au moins depuis sa sortie initiale, From Hell m’a encore captivé. Dès les premières images, on est plongé dans les brumes de Whitechapel, ville sinistre gangrénée par la misère. Malgré ses allures mal famés, les frères Hugues réussissent à la rendre fascinante, avec des plans nocturnes teinté de rouge de toute beauté. J’ai eu cette sensation délicieuse d’entrer dans un cauchemar élégant. L’atmosphère est si bien travaillée qu’on a presque l’impression de sentir l’humidité des ruelles et d’entendre le pas lourd de l’Éventreur derrière nous.
Johnny Depp m’a particulièrement impressionné. Son inspecteur Abberline est à la fois charismatique et tourmenté, un héros fragile dont les visions rendent l’enquête presque mystique.
Ce que j’ai aimé, c’est que le film ne se contente pas de raconter une chasse au tueur : il dépeint tout un monde, celui des laissés-pour-compte, des femmes obligées de survivre dans un système qui les méprise. Cette dimension sociale donne du poids à l’histoire et la rend bien plus qu’un simple polar. Jack l'éventreur n'est plus un tueur solitaire, ses agissements sont dictés par les autorités suprêmes où la couronne se mêle à la franc-maçonnerie.
La mise en scène des frères Hughes est superbe. Rien n’est gratuit : la violence est suggérée avec intelligence, et chaque plan semble pensé pour nous plonger plus profondément dans ce Londres à la fois fascinant et terrifiant.
Pour moi, From Hell est un film à la fois sombre et envoûtant, un vrai voyage dans l’horreur et le mystère. Je le recommande à tous ceux qui aiment les thrillers élégants et les atmosphères gothiques.
A ranger au coté de "seven" de Fincher et " Le silence des agneaux" de Demme.