Un western parmi les plus pauvres et les plus mal réalisés qui puissent se faire. Burt Kennedy n'a jamais montré l'étendue d'un talent particulièrement probant dans mon référentiel, mais alors là vraiment on atteint une représentation rachitique de l'univers déjà pas bien étoffée du registre. "Welcome to Hard Times" ne peut compter que sur quelques personnages (le maire, le propriétaire du saloon, un enfant, un méchant, des femmes sans personnages dignes de ce nom), quelques micro-lieux donnant l'impression qu'on est dans un village de parc d'attraction, et quelques temps d'actions hautement décharnées. Tout cela suinte la misère, de budget, de réalisation, d'interprétation, d'écriture, ça fait presque autant de peine que de voir Henry Fonda traîner là-dedans de manière parfaitement insipide.
L'histoire est sans intérêt, sans surprise : trois bâtiments sont brûlés par un méchant random sans que personne ne puisse y faire quoi que ce soit, les trois habitants qui peuplent ce village reconstruisent ce qu'ils peuvent et recréer un semblant de tissu social avec le maire devant le père adoptif d'un orphelin, et un jour le méchant revient. La grande question : comment vont réagir les gens cette fois-ci ? On baille d'avance. On peut imaginer que Kennedy entendait aborder le thème du courage et de l'héroïsme, choses dont les habitants sont visiblement dépourvus, et qui soudain surgissent à la toute fin. Mais entre les interprétations miséreuses (je pense que c'est davantage la direction d'acteur qui est à incriminer), la multiplication de séquences ridicules, et les cabotinages de l'espace (Aldo Ray en grosse brute est tellement collector), le visionnage se résume à sa pénibilité et sa longueur. C'est juste marrant de voir la trombine à Warren Oates, débonnaire, léger, distant.