Au cœur de la French Extremity, Frontière(s) de Xavier Gens est le syndrome typique du film victime de ses inspirations et de son contexte.
Le français tente de capter l’essence poisseuse du Texas Chainsaw Massacre de Hooper, sans jamais l’égaler. Que ce soit par son montage surcuté, son ambiance macabre ou son bestiaire d’antagonistes plombé par le manque de crédibilité des acteurs.
Lorsqu’un film tombe dans le piège de son inspiration en reprenant point par point ses codes sans réussir à l'effleurer, il fait vite office de pâle imitation face à l’original. Une écueil qu'évitait Chapiron avec Sheitan en y injectant des éléments audacieux et absurdes, même si le résultat n’en n’ai pas moins très mitigé.
Et si Gens tente d’ancrer sa violence dans les tensions politiques urbaines pré-Sarkozy, il finit surtout par se caricaturer lui-même, au point où la portée grossière de son propos ne croise jamais son récit.
Malgré tout, le choix que je louerai reste sa générosité visuelle et sanguinolente. Le film offre ce qui se fait de plus sale et de plus crade dans le cinéma extrême.