Full Contact est un pur produit des années 90, et c'est aussi ce qui fait son charme : rock, musique électronique, néons, violence sèche et mise en scène constamment inventive. Ringo Lam filme l'action sans l'élégance romantique d'un John Woo : les coups font mal, les morts sont brutales et les expérimentations visuelles, comme la caméra qui suit les balles, donnent encore aujourd'hui une sacrée personnalité au film. (Même si on frôle parfois le kitsch)
C'est régressif et souvent jouissif, mais certains excès passent moins bien en 2026. Les clichés autour de l'homosexualité ou cette association entre sexualité féminine libérée et déséquilibre mental ont pas mal vieilli et pourrai faire grincer le public d'aujourd'hui, même si Simon Yam livre un méchant charismatique et sans concession, véritable mirroir déformé de notre héros.
Notre héros, Chow Yun-fat est un gars d'une droiture presque absolue, prêt à tout sacrifier à sa vengeance, y compris la possibilité de retrouver sa vie d'avant, même si on est constamment ballotté entre le fait qu'il n'assume pas de retrouver sa vie et son bonheur après ce qu'il a fait (culpabilité) ou le mépris de ses anciens proches face à leur compromission.
C'est finalement ce que je choisis de retenir du film : derrière le défouloir bourrin et outrancier se cache le nihilisme de Ringo Lam qu'on peut observer dans le reste de sa filmographie.
On peut retrouver son honneur, peut-être même une forme de rédemption, mais comme le confie Chow Yun Fat pendant le film : "rien n'est jamais vraiment pardonné."