All Jacked Up and Full of Worms est le premier long métrage de Alex Phillips qui sur le papier se définissait comme un film inclassable et halluciné ressuscitant l'esprit de Frank Henenlotter (Frères de Sang – From Beyond – Sex Addicts), c'est en tout cas de cette manière que le site de streaming Shadowz nous vante cette exclusivité. Globalement c'était donc et a priori le genre de proposition cinématographique qui titille ma curiosité de cinéphage éternellement en quête de singulières surprises. Au final, le film est plus proche de ce qui m'agace copieusement que de ce qui me fait encore vibrer.
Full Of Worms c'est donc l'histoire de quelques paumés qui vivent dans le même quartier de Chicago et qui s'évadent du quotidien en se droguant avec des vers qu'ils mangent ou qu'ils sniffent, ce qui leur provoque des hallucinations et un sentiment de bien être.
Expérimental et inclassable, All Jacked Up and Full of Worms l'est assurément mais c'est loin de justifier pour autant la qualité globale d'un premier film que l'on pourra également juger aussi creux, que vain et prétentieux. Un peu à l'image d'un vers poisseux se tortillant sans avancer, le film n'a aucune véritable structure et se contente de livrer une chronique de personnages marginaux se débattant et gesticulant dans un univers crasseux avec une évidente complaisance pour l'effet trash un peu gratuit. Aucun des différents personnages n'est un minimum attachant, aucun n'est véritablement caractérisé et l'on regarde tout ce sinistre monde s'agiter sur l'écran sans trop savoir pourquoi ni comment s'intéresser un minimum à leurs tristes sorts. On pourra toujours y voir une fable déjantée sur les ravages de la consommation de drogue qui aliène les esprits et conduit à la violence, mais je vois surtout cette prétention assez insupportable d'un réalisateur qui se complet dans une posture underground et provocatrice pour masquer qu'il n'a sans doute pas grand chose à dire. Parce que voir un poupon en plastique avec une bouche qui sert de sex-toy, des gens vomir tout le temps et se foutre des vers dans le nez, un psychopathe ridicule qui triture les tripes d'un cadavre ou des gens qui font de la corde à sautée avec des intestins, c'est effectivement perturbant à l'image mais ça n'as pas grand intérêt si il n-y a strictement aucun contexte autour.
Je n'ai rien contre la provocation, l'envie de bousculer en faisant sale et perturbant mais il faut que cela s'inscrive un minimum dans une trame scénaristique et des enjeux justifiant un tout petit peu une posture de sale gosse et dans le cas de Full of Worms rien ne m'accroche et fatalement tout finit par profondément m'ennuyer. Si encore le film était drôle et trash dans l'esprit d'un John Waters ou d'un bon Troma, si il avait un embryon de trame narrative pour que l'on suive un minimum son histoire … Mais non, All Jacked Up and Full of Worms n'est qu'un long trip un peu provocateur et régressif qui dissimulera sans doute derrière le majeur tendu aux spectateurs une démarche pseudo-artistique, provocatrice et créative.
Peut être que le film s'apprécie mieux avec deux ou trois vers dans le nez ??