Ne vous méprenez pas, dans sa biographie de L'Affaire de l'esclave Furcy, les interrogations de Mohammed Aïssaoui sont d'ordre ontologique : au-delà du procès, il questionne la nature humaine elle-même. En 2026, Abd al Malik donne vie à son tour à Furcy Madeleine, mais cette fois-ci au cinéma.
Le film ouvre sur un rap a cappella, comme pour considérer le procès sous le prisme de notre regard contemporain. Bien qu'appréciable sur le fond, on note un nombre non négligeable d'imprécisions et de simplicités, que ce soit au niveau de la justesse historique des faits, que dans le parti pris du réalisateur, ou encore dans la mise en scène plutôt pauvre, qui repose presque exclusivement sur des dialogues expressifs et des effets de montage parfois kitschs.
On notera cependant quelques effets de style qui osent aller plus loin, avec des variations colorimétriques, et des séquences purement oniriques et musicales. Malheureusement, ces scènes ne s'inscrivent pas toujours très bien dans la dramaturgie globale du film, et nous rendent parfois confus quant à la cohérence globale des événements.
Difficile de reprocher au réalisateur et à la production d'imposer un regard contemporain sur une histoire aussi tragique et cruciale de notre histoire, mais on aurait quand même pu apprécier plus d'audace et de justesse de la part d'un film comme celui-ci.