Les violons virevoltent passionnément dans la Venise du XVIIIe siècle ; ils s'élancent dans nos cœurs, jusqu'à ce que leur poésie nous cueille. Je crois que le cinéma italien m'avait manqué : le montage de Primavera est élégant, précis… musical. On pourrait croire que c'est opportun, pourtant j'avais des doutes… je m'attendais à voir un énième biopic sans saveur, incapable de mettre en lumière le génie d'un artiste comme Vivaldi, sans avoir de véritable point de vue sur son histoire. Heureusement, je n'ai pas été déçu : la mise en scène, pour une fois, est travaillée.
Nous découvrons le destin tragique de Cecilia, une orpheline violoncelliste qui séduit les spectateurs par son authenticité et son dévouement. Enfin un personnage qui a de la consistance ! La musicienne est tiraillée tout au long de sa vie par son désir d'affranchissement, longtemps symbolisé par le mariage, mêlé à l'envie plus intérieure de retrouver sa mère biologique. Sa relation avec Vivaldi agit alors comme une passion cathartique, un échappatoire qui lui permettra de trouver la paix. Enfin un film qui donne un véritable point de vue sur la création musicale.
Vivaldi n'est pas en reste non plus : malade depuis sa naissance, maladroit en société, et renfermé sur lui-même, le compositeur nous saisit peu à peu par sa pureté, sa détermination, et ses élans de grâce. En citant Cervantes, le personnage réconforte Cecilia une dernière fois avant de la perdre : "Là où est la musique, il n'y a pas de place pour le mal".
🎬 Cette critique est publiée dans L’Hebdo-Ciné, le journal cinéma hebdomadaire de l’association Radio-Ciné.
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