Magnifique nanar qui se permet d'en remontrer aux plus baroudeurs d'entre nous. On sent que le tournage a été fait à l'économie : quasi pas de dialogue (ils visaient l'export ?), probablement aucun rush de jeté (tout est dans le film, il suffit de voir les scènes loupées de cassage de planches) et toutes les bonnes volontés acceptées sur le plateau (surtout les magiciens !). Furious nous fait donc voyager dans une nouvelle dimension cinématographique à l'étrangeté insurpassable, étirant des séquences incompréhensibles dans une langueur hypnotique afin de mieux choquer son spectateur en lui balançant soudain des scènes de baston assez ouf (le massacre devant le restau fermé m'a traumatisé). Le tout sur fond de musique classique (libre de droits). Et bien entendu, un bon nanar ne pourrait pas se vanter d'entre est un s'il ne possédait pas une séquence de lancer de chicken haryuken, l'idée la plus WTF du cinéma je pense (sans parler de l'effet miroir de la transformation en cochon), celle qui justifie à elle seule le culte qu'il va désormais falloir porter au film.


Mais comme Furious est un film très généreux malgré sa courte durée (qui en parait néanmoins 2 fois plus), il ose également exploser le terrain de la réflexion idéologique sur la malbouffe (transformer les gens en poulet pour les cuisiner ensuite dans sa chaine de restaurants, pourquoi Loyd Kauffman n'y avait pas pensé ?) et le capitalisme, véritables sources du Mal capables de transformer un vieux sage en tyran maléfique.


Une fois cela dit, il faut se pencher sur la compréhension de la conception du film. Je suis persuadé qu'on a affaire à un film tourné par une école d'arts martiaux, avec le père et son fils en vedette. Car si les combats sont peu cinématographiques du fait de chorégraphies qui sonnent trop entrainement, il faut reconnaitre le haut niveau technique des combattants qui réalisent de beaux mouvements, parfois sur des séquences assez longues, sans parler des scènes de marave de masse. On a également droit à une démonstration sympa de nunchaku. Bon, ça n'explique pas trop pourquoi s'être lancé dans une telle aventure, mais on peut imaginer là les éternelles raisons humaines : message à faire passer à l'humanité, égo surdimmensionné, arnaque au fisc, etc.


Tout ça pour dire qu'on a là du bon gros lourd dans un genre unique. Et que je propose comme genre : Casse-noisettes.

Créée

le 3 mars 2019

Critique lue 259 fois

Furious

Furious

5

Pierre_Sopor

le 29 juil. 2015

Suivre

Des poulets et du kung-fu !

Difficile de parler de Furious sans s'armer de Doliprane juste avant. Pour faire simple : peu de dialogues, un peu de kung-fu, des champs-contre-champs qui s'éternisent autant que Kirk Douglas, un...

Miraculous - Le film

Miraculous - Le film

4

Pascoul_Relléguic

le 14 juin 2023

Suivre

Critique de Miraculous - Le film par Pascoul Relléguic

Découvert avec ma fille en avant-première, le film s'avère rapidement déroutant avant de virer au décevant pour qui connait un tant soit peu la série originale : Miraculous the movie est en fait plus...

The Dead Don't Die

The Dead Don't Die

2

Pascoul_Relléguic

le 14 mai 2019

Suivre

Quand l'hommage vire à l'escroquerie

Au début, j'ai trouvé le film gentiment intrigant ; par la suite, j'ai ressenti ça comme sans intérêt ; à la fin, j'ai conclu à une détestable escroquerie. Jarmusch s'est contenté de fragmenter toute...

Flow - Le chat qui n’avait plus peur de l’eau

Flow - Le chat qui n’avait plus peur de l’eau

5

Pascoul_Relléguic

le 24 nov. 2024

Suivre

Critique de Flow - Le chat qui n’avait plus peur de l’eau par Pascoul Relléguic

J'avais perçu une petite hype autour de Flow mais j'en sors avec un avis très mitigé. Si j'étais méchant, je dirais avoir assisté à un remake de L'Incroyable voyage dans un univers post-humain et...