Gamera
5.7
Gamera

Film de Noriaki Yuasa (1965)

Seul et unique film de la saga Gamera à être sorti en noir et blanc, Daikaiju Gamera ne se cache pas lorsqu’il emprunte le chemin balisé par Godzilla, le but étant bien entendu que le public japonais soit en terrain connu. Il est donc ici également question d’une créature très ancienne qui est malencontreusement réveillée à cause de l’espèce humaine et qui va commencer à réduire des villes en cendres. Mais là où le premier Godzilla est réputé pour son allégorie assez lourde du traumatisme post seconde guerre mondiale et des deux bombes atomiques que le Japon a reçu de la part des États-Unis, Gamera choisit d’adopter un ton ouvertement plus léger, bien plus pulp que son homologue de la Toho, le but étant d’offrir un spectacle populaire. Dans ce premier film, il n’est pas encore le monstre gentil protecteur des enfants qu’il deviendra par la suite mais bel et bien le monstre destructeur de maquettes tel qu’il est imaginé dans l’inconscient collectif. Pourtant, il y a déjà quelques différences avec Godzilla qui laissent présager la tournure du monstre dans les films à venir, avec un monstre qui a une identité bien distincte, bien moins prédateur que son homologue de la Toho.


Daikaiju Gamera ravira bien entendu les amateurs de films de monstres, mais également ceux qui aiment le charme désuet de ces films de science-fiction des années 50/60, avec leurs effets spéciaux kitchs mais plein de débrouillardise qui devaient faire face aux limites techniques de l’époque. La narration est ici des plus simples, avec un scénario qui se construit par étapes bien distinctes (la découverte du monstre, la montée de la destruction, …), ce qui permet d’amener une certaine fluidité et rendre le film réellement accessible. Avec son 1h18 au compteur, Daikaiju Gamera ne perd pas de temps et l’intrigue avance sans cesse, le rendant bien moins profond que le premier Godzilla, mais au final bien plus divertissant au sens premier du terme. Alors il est certains qu’aujourd’hui, 60 ans après, il y a de quoi sourire en voyant les effets spéciaux du film, avec ses maquettes parfois un peu grossières, avec ce costume de tortue géante qui a parfois du mal à s’articuler correcte, avec ces incrustations foireuses. Pourtant, on prend un malin plaisir lors des scènes de destruction urbaine qui restent mine de rien assez spectaculaires pour l’époque car le film déborde d’énergie dans sa mise en scène. Certaines idées visuelles sont même réellement bien trouvées et, bien que pouvant paraitre un peu ridicules aujourd’hui (la façon dont la tortue s’envole par exemple), essentielles à la construction de cette figure du kaiju.


Alors oui, Daikaiju Gamera est un film imparfait, avec des maladresses, avec un manque de budget souvent visible, avec un ton qui ne semble pas encore bien défini, mais c’est un film de naissance d’une saga qui a son importance dans le cinéma japonais. Bien que ne rivalisant pas avec la puissance symbolique de Godzilla, ce premier film Gamera sait se faire efficace, inventif, accessible et au final réellement divertissant.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/sortie-coffret-gamera-showa-1-chez-roboto-films

cherycok
7
Écrit par

Créée

le 2 mars 2026

Critique lue 16 fois

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