Gyangu-eiga précoce, où des petits marlous montent une attaque de banque assez élaborée avant de se trahir et chercher à s'éliminer les uns les autres pour réduire le dénominateur du butin. Pour Teruo Ishii comme pour la Toei, on n'est pas encore entré dans l'ère des films de yakuzas et on flirte ici avec plusieurs genres aux influences très occidentales : le film noir, les films de gangsters et plus surprenant, à la fin, une belle allusion au western. Ishii truffe son œuvre de détails qui accentuent la confusion : les noms américanisés des protagonistes comme Hong-Kong Joe, Smiley et Whisper, l'amie blonde peroxydée, les cabarets de jazz, le portrait de Sinatra dans le bureau, les armes occidentales, les costumes, le ranch, etc. Du coup on a quand même le sentiment de regarder un ersatz, même si le tout est fort sympathique.
A noter, les premiers rôles tenus par Koji Tsuruta et Ken Takakura, qui forment une belle tête d'affiche, même si je trouve que leur jeu ici tend beaucoup trop vers la comédie. A défaut d'être original, c'est assez surprenant et révèle un peu le chemin pris dans la construction du cinéma populaire par la Toei qui développera ensuite un cinéma beaucoup plus autochtone avec le ninkyo-eiga. Par moment, ça m'a fait penser à The Last Gunfight d'Okamoto, notamment la scène finale, et plus encore à Gangsters en plein jour de Fukasaku, sorti la même année.
[5/10]