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le 27 mai 2026
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Après "Je verrai toujours vos visages", Jeanne Herry confirme qu’elle est devenue l’une des réalisatrices françaises les plus sensibles lorsqu’il s’agit de filmer les failles humaines. Derrière son apparence de chronique sentimentale queer, "Garance" cache en réalité un drame bouleversant sur l’alcoolisme, l’autodestruction et la peur du vide. Garance, c'est une jeune actrice alcoolique dont on accompagne huit années de vie chaotique : déménagements, histoires d’amour, fêtes, angoisses, rechutes et tentatives de reconstruction. Entre amitiés fusionnelles et nuits qui n’en finissent jamais, Garance tente de survivre à une douleur qu’elle noie constamment dans l’alcool, pendant que sa sœur lutte contre une leucémie.
Adèle Exarchopoulos livre l’un des plus grands rôles de sa carrière. Elle traverse le film avec une intensité folle, capable d’être drôle, séduisante, agressive, perdue ou profondément bouleversante. Son personnage passe par une multitude d’états émotionnels sans jamais perdre sa vérité. Herry filme aussi bien les moments d’euphorie artificielle que les lendemains de destruction. Une phrase résume d’ailleurs parfaitement cette mécanique d’auto-illusion : "Les gueules de bois, les crises de panique, les absences, c'est comme les courbatures pour le sport, ça fait partie du truc et c'est pas pour autant qu'on arrête." Ces absences donnent d’ailleurs lieu à deux très brèves scènes chocs autour de possibles agressions sexuelles. Le film réussit surtout à être extrêmement drôle par moments. De nombreux dialogues et situations font littéralement pleurer de rire, notamment les scènes hilarantes avec la docteure.
Face à Garance, Sara Giraudeau est magnifique de pudeur et de retenue. Sa petite amie semble plus stable, plus discrète, mais cache elle aussi une immense fragilité : celle d’une femme qui pense ne plus pouvoir séduire, ni vraiment choisir sa propre vie. Leur relation évite constamment les clichés pour devenir quelque chose de profondément humain et douloureux.
"Garance" est un film drôle, cruel, vibrant et profondément triste sur l’alcoolisme et les mécanismes d’autodestruction.
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Créée
le 23 mai 2026
Critique lue 34 fois
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