On a parfois besoin de ce genre de film. Des films qui n’ont pas besoin d’action, ni même d’une histoire bien construite. Des films qui vont vous transporter avec simplicité, sans avoir à vous raconter un scénario complexe. Des films qui, quand vous les regardez, vous réduisent à l’état de pure joie orgasmique. Des films qui vous font rire, pleurer, ressentir et réfléchir. Des films qui vous changent après que vous les ayez vus. Et ces films méritent mon plus grand respect… pas parce qu’ils sont parfaits en tous points, mais à cause de la beauté et de la magie qu’ils ont apporté à ma vie. « Garden State » est l’un de ces films.


Zach Braff nous propose une histoire avec tant de lumière et de vie que je suis en admiration. Il est rare de voir un scénariste avec autant de passion et de dignité pour ses personnages, qui sont chacun traités avec respect. Ecrit et réalisé par Zach Braff, « Garden State » suit Andrew Largeman, un acteur de 26 ans qui vit à Los Angeles et qui prend tellement de médicaments qu’il ne ressent plus rien. Il reçoit un matin un appel de son père qui lui apprend que sa mère vient de mourir. Il retourne alors dans sa ville natale, y retrouve son meilleur ami Mark. Mais c’est sa rencontre avec Samantha qui va le remettre en question.


Chaque moment de ce film, chaque mouvement, geste, chaque mot, a un but. Combien de fois avez-vous atteint la fin d’un film et soudain ressenti une explosion d’émotions ? C’est précisément ce que j’ai ressenti à la fin de Garden State. Ce film est sorti en 2004, mais à chaque fois que je le regarde, je fini en larmes. Et les performances des acteurs sont rafraichissantes. Zach Braff n’essaye pas de nous survendre le drama qui entoure le vie de son personnage. Après tout, il ne ressent rien, alors le spectateur n’a pas besoin non plus de ressentir que son passé est merdique. A la place, il lui fait vivre un quotidien simple, fait de rencontres. Même la confrontation avec son père, qu’il évite depuis 9 ans, s’avère au final légère. Et ça nous suffit.


Et Natalie Portman nous livre une performance incroyable dans ce film. Une performance pleine d’innocence et de simplicité mêlée à une passion pour la vie. Elle communique avec son regard, son visage, ses mots et son langage corporel d’un manière magnifique. On peut ne pas aimer l’actrice, mais impossible de dire qu’ici elle joue mal, elle est totalement authentique. Et pour les rôles secondaires, le casting est tout aussi bon. Ian Holm, bien que peu présent, est charismatique en père d’Andrew, et nous offre un personnage à la fois compliqué à comprendre, impossible à aimer, mais en même temps impossible à détester. La dernière scène entre Andrew et son père est à la fois simple, et la plus belle scène père/fils que j’ai vu dans un film.


Peter Sarsgaard continue de prouver son talent en jouant le meilleur ami d’Andrew qui, ironiquement, travaille au cimetière et est chargé d’enterrer les morts. Sa dernière scène du film est un rappel de ce qu’est une véritable amitié. Chaque personnage du film est essentiel, et leurs acteurs sont parfaitement choisis.


On peut ajouter à la beauté du film la perfection de la bande son. Non seulement les musiques correspondent parfaitement à l’ambiance du film, mais en plus les paroles sont choisies de manière appropriées. On pourrait aussi citer les décors (ce bateau au bord d’un gouffre sans fond !) et les lumières. Il y a tant d’aspects qui font de ce film un bonheur.


Pour certains, la fin du film est trop conventionnelle. Mais quand on y réfléchit, c’est un nouvel éclair de génie de Zach Braff car pour une fois, Andrew choisi de croquer la vie à pleine dents et de prendre des risques. C’est la fin vers laquelle tout le film nous dirige. Garden State est un chef d’oeuvre. Pas forcément en terme technique, mais parce qu’il m’a captivé pendant 1h42, et que j’ai eu l’impression de faire partie de cette aventure. Garden State a changé ma vie.

Khaliel
10
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le 1 nov. 2025

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