Personne n'a jamais rien fait pour moi. Je ne dois rien à personne.
Après La Fureur de Vivre et A l'Est d'Eden, Géant (Giant) vient donc finir la trilogie James Dean. Alors oui, James Dean n'est pas le centre névralgique de ce film. Il est accompagné de deux cadors : Rock Hudson et surtout Elizabeth Taylor.
Dans Géant, on se trouve en pleine conquête de l'Oil en pays Texan. Un Texas désert, peuplé de grande plaine où il fait semble-t-il bon vivre. C'est à ce moment qu'une jeune femme (Mrs Taylor) épouse le vaillant M. Benedikt riche propriétaire terrien. En arrivant, elle croise le beau Jet (James Dean).
Géant dresse alors 40 ans d'histoire du Texas. Du propriétaire terrien, les fameux "Ranch" à l'essor de l'économie pétrolière.
Ce film, c'est d'abord et avant tout une très grand performance du couple Elizabeth Taylor / Rock Hudson qui forme un couple convaincant dans leur différences et leur amour. Tout cela soupoudré d'un James Dean fidèle à lui même et vous obtenez un film qui dresse une fresque historique plutôt sympathique sur fond de critique sociale et de discrimination auprès des petits mexicains.
Géant se découpe en deux parties qui sont très bien représentées par les deux faces du CD qui compose le boitier. La première partie s'attache à montrer l'adaptation que la demoiselle de l'Est doit faire dans l'Ouest américain : la discrimination, la misogynie, la bouffe, etc. Elle croise aussi Jet, qui lui faire découvrir les quelques rudiments terrible de la vie des familles mexicaine. Tout change lorsque la mère Benedikt meurt et lègue une parcelle à Jet.
Alors la seconde partie du film peut commencer. Jet devient magnat du pétrole et Géant montre comment l'Oil prend une place prépondérante dans l'économie Texane et américaine. Jet devient riche, détestable parce qu'il sait qu'il lui manquera toujours le plus important : Leslie. Car encore une fois les Benedikt le prive du talisman ultime. Ces Benedikt qui lui ont tout volé quand il était jeune sans jamais rien lui donner à part cette petite parcelle de terre qui s'avère valoir de l'or. Il ne leur doit rien mais il l'a veut (cette terre ou Leslie d'ailleurs ?)
Georges Stevens montre alors toute la folie pétrolière mais aussi les contradictions sociale et morale entre les ranchs américains et les nouveaux investisseurs pétroliers.
A travers cette fresque historique, Georges Stevens propose une photographie unique du Texas. Des paysages fabuleux s'enchainent dans ce Géant qui n'est certes pas un "must" mais reste un grand film de part son ambition, de part son casting et parce qu'il restera comme le dernier film de James Dean.
Une fresque grandiose d'une Amérique en pleine mutation, d'un Texas en plein essor. Mais surtout, un adieu à James Dean.