Je suis joie. Non pas parce que je viens de tomber sur un bon film de Steven Seagal, mais parce que je viens de voir son avant dernier film à l’heure où j’écris ces quelques lignes. Le calvaire est bientôt fini, je suis à 1h26 de la libération suprême. Et pour cet avant dernier film, General Commander, ils se sont mis à deux pour le réaliser. Il devait bien falloir ça pour ne pas tomber en dépression. Le spectateur pas préparé à ce qu’il s’apprête à regarder pourrait lui aussi tomber en dépression après avoir regardé le film, car il n’y a pas grand-chose à sauver de ce naufrage. On retiendra la beauté des villes (Hong Kong, Manille, …) et des paysages dans lesquels le film a été tourné, et c’est sincèrement à peu près tout. Ah, si, les actrices ont très bien été choisies pour leur physique. Voilà, sorti de ça, nous sommes dans un naveton très mal exécuté quel que soit le domaine. Étonnant non ?


General Commander a d’abord été pensé comme une série télévisée qui suivrait une unité paramilitaire internationale top secrète qui aurait combattu les principales organisations criminelles dans le but d’arrêter la Troisième Guerre Mondiale, rien que ça, sur la base d’un scénario de Philippe Martinez et Bey Logan. La série aurait comporté neuf épisodes de 45 minutes chacun. Les scènes d’action vont du médiocre au très mauvais. Dans le médiocre, on va ranger la majorité de ces scènes, que ce soit les gunfight, mal filmés, jamais intéressants, avec en plus du sang en CGI moche, les courses poursuites, jamais palpitantes, et les combats qui impliquent les seconds rôles ou les sidekick de Seagal. Dans le très mauvais, on va citer les scènes d’action dans lesquelles intervient Panda Très Bouffi, qui peine très clairement à lever la gambette à 30cm au-dessus du sol, avec des réalisateurs et un monteur qui tentent des subterfuges pour essayer d’un minimum nous faire croire à la chose. En vain… Il est clairement temps que Seagal passe à autre chose car du haut de ses 66 ans lors du tournage, il n’a plus ni l’envie, ni la souplesse, ni la rapidité, ni même les compétences, pour continuer de jouer dans des séries B d’action de ce genre. Sans compter que le film est au final radin en action et passée la première partie, General Commander a un énorme ventre mou dans lequel les gens se parlent, passe des coups de fil, parlent en passant des coups de fils, et on s’emmerde sincèrement royalement. Lorsque ça reprend pour le dernier acte, c’est bien trop tard, le film nous a mis dans un état de léthargie tel que seul le générique de fin salvateur pourra nous sortir de notre torpeur. Et ce n’est pas le pouic pouic des balles, car oui, elles font étonnement pouic pouic, qui y changera quoi que ce soit.


La continuité du film est assez étrange, on a clairement l’impression qu’il y a eu des reshoots avec un Seagal qui est parfois plus ou moins bouffi au niveau des joues. L’idée de départ, le trafic d’organes humains prélevés sur des gens en bonne santé, aurait pu être sympathique, mais elle est tellement mal exécutée qu’on se fout éperdument de ce qu’il se passe. Rien ici n’a de sens, à commencer par des agents spéciaux apparemment parmi les meilleurs mais qui élaborent des plans tous plus stupides les uns que les autres et qui sont incapables d’arriver à tirer sur quelqu’un se trouvant à plus de 1.5m. Mais bon, ils arrivent à sortir un lance-missile de nulle-part et des machettes sans doute cachée dans leur cul, c’est peut-être ça leur vrai talent. Sans compter que l’ensemble est à la fois dense et surtout très décousu, le scénario nous baladant de ville en ville un peu partout dans le monde sans qu’il n’y ait de réelle utilité. Du bon remplissage des familles comme on dit. Le jeu d’acteur n’est sincèrement pas terrible mais surtout, Steven Seagal, qui reprend son rôle de Jake Alexander après Mission à Haut Risque et A Good Man, retombe dans ses travers et son jeu est tout bonnement catastrophique. Il est souvent presque amorphe, on a parfois l’impression qu’il marmonne tellement il ne met aucune intensité dans ses lignes de dialogue. Il n’est pas le seul puisque la plupart des rôles secondaires frôlent souvent le honteux. Personne n’est impliqué, tout le monde ne semble là que pour le chèque qu’ils vont toucher. Pour les quelques autres qui y croient, c’est l’inverse, ils prennent la chose beaucoup trop au sérieux et versent dans le cabotinage. Il n’y a définitivement rien à sauver à ce niveau-là, d’autant plus qu’on les a affublés de lignes de dialogues souvent risibles. A l’inverse du film précédent, Seagal n’est que peu présent. Tant mieux diront certains, dommage diront les 4 fans qu’il lui reste.


Après le dernier sursaut avant mort définitive avec Attrition, Steven Seagal nous délivre un nouveau navet dont il a le secret depuis maintenant pas mal d’années. Certes, il a fait pire, mais ce n’était vraiment pas bon.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-general-commander-de-philippe-martinez-et-ross-w-clarkson-2019/

cherycok
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le 29 juin 2025

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