Quand j’ai découvert Generation P de Victor Ginzburg, je ne savais pas exactement à quoi m’attendre. Adapté du roman culte de Viktor Pelevine, ce film russe de 2011 m’a plongé dans un tourbillon visuel et idéologique aussi déroutant que fascinant. Une chose est certaine : on ne sort pas indemne de cette expérience cinématographique. Et c’est précisément là que réside son intérêt – et aussi ses limites.
J’ai attribué un 7/10 à ce film, non par manque d’enthousiasme, mais parce qu’il incarne parfaitement ce paradoxe des œuvres audacieuses : il brille autant qu’il déborde. Generation P est à la fois une satire acide, une réflexion métaphysique, une critique sociale et un trip psychédélique. Un cocktail dense, ambitieux, mais parfois déséquilibré. Il y a des moments de pure fulgurance, d’autres où l’on se sent perdu dans un labyrinthe de références, d’images et d’idées.
Cette critique est donc à l’image du film lui-même : un regard subjectif, engagé, qui tente de faire la part des choses entre admiration et frustration, entre vertige et lucidité. Car malgré ses défauts, Generation P a le mérite de secouer, d’interroger et surtout de proposer un regard singulier sur une société en pleine mutation.