Entre 1960 et 1966, lorsque l’Algérie était encore un territoire français, la France a procédé aux tout premiers essais atomiques dans le Sahara algérien (il y a eu 17 tirs "officiels", 4 atmosphériques et 13 souterrains) et près de 30 000 personnes y auraient été exposées. Pour la première fois, les rares survivants (tant du côté français que algériens) témoignent de leurs combats pour la reconnaissance de leurs maladies…
Ne vous fiez pas au titre (bucolique), "Gerboise bleue" est le nom de code du premier essai atomique en atmosphère, d’une puissance 4 fois supérieure à celle d'Hiroshima, en 1960 dans la région de Reggane.
Djamel Ouahab est parti à la rencontre d’une poignée de survivants, tant du côté de la France que de l’Algérie, en les écoutant, on prend conscience de la gravité des choses, de ce qu’ils ont vécus, de ce à quoi ils ont participé (sans jamais réellement savoir quels en seraient les conséquences). Le réalisateur alterne ces prises de paroles avec des images d’archives et un déplacement à Reggane, à la recherche du « point zéro ».
Les témoignages sont édifiants et font froid dans le dos. Le réalisateur a dû faire face au silence de la France (les archives sont classées "secret défense") et n’a pu compter que sur les populations locales algériennes et les rares vétérans français encore vivants. L’inaction de la France est révoltante, laissant les populations (des deux continents) dans des situations dramatiques et inhumaines (soldats aux poumons brûlés ou énuclées et aux traumatismes innombrables, population Touareg aveuglés par le flash de la bombe ou aux enfants malformés).
Gerboise bleue (2009) tente de lever la chape de plomb imposée par le déni de la France, face à des preuves accablantes et indéniables. Il est temps que la honte change de camp.
(critique rédigée en 2009, actualisée en 2025)
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