Petite production taïwanaise sortie entre deux confinements covid, "Get the Hell Out" fait immédiatement penser, dans ces premiers instants, au film de genre japonais devenu culte, "Ne Coupez pas!". Budget réduit à peau de chagrin, petite musique entraînante qui semble complètement à côté de la plaque, acteurs qui surjouent (bien qu'ici, on est à un niveau encore supérieur) et présence de zombies assoiffés de sang, tout ici rappel la petite production nippone qui a fait le tour du monde. Pourtant, si la comparaison prend son sens lorsqu'on aborde la forme du film, elle n'a cependant pas de raison d'être sur le fond. Car "Get the Hell Out" est un pur divertissement de l'instant ne nécessitant pas de deuxième grille de lecture.
Le parlement taïwanais est contaminé par un virus rabique qui transforme les gens en fous furieux plutôt type Danny Boyle que Romero. Un groupe de survivants va tenter de s'en sortir vivant. Les premières minutes du film semblent s'emparer de nos globes oculaires pour les secouer dans tous les sens. Les effets visuels sont nombreux, très nombreux ; font parfois mouche, d'autres fois se plantent lourdement ; mais le ton est donné et l'hystérie va s'emparer du film pendant une bonne heure et demi sans jamais relâcher son étreinte. Pétri de références occidentales (on retrouve, pêle-mêle, du 24 heures chrono, du Sergio Leone, le groupe de rock prog Yes, etc), "Get the Hell out" est une course harassante et tout de même bien gore à travers l'imagerie du zombie. On s'amuse du traitement "jeu vidéo" d'une baston avec le boss final, on apprécie les idées fraîches concernant un genre sur-traité (la particularité du héros) mais on se rend vite compte que les créateurs de cette oeuvre n'ont eu pour but que s'amuser comme des petits fous avec un plaisir adolescent clairement communicatif.
A mille lieux de la puissance dévastatrice d'un "The Sadness", ce petit film sans prétention mais diablement efficace mérite un bon visionnage entre potes qui alternera entre moments jouissifs et passages tout de même assez consternants de gêne. Heureusement, les premiers s'imposent en terme de quantité.