Il y a des films où l'on se demande si le tournage n’a pas été improvisé dans un parking un soir de pluie. Getaway (2013), réalisé par Courtney Solomon, est de ceux-là. Avec un concept digne d’un jeu vidéo en mode “rush final”, le film tente désespérément de nous embarquer dans une course contre la montre… mais oublie d’y accrocher un scénario, une émotion, ou ne serait-ce qu’un minimum de cohérence.
On suit Brent Magna (Ethan Hawke, qui semble surtout fuir son agent), forcé de piloter une voiture bardée de caméras pour obéir à un mystérieux maître-chanteur. Rapidement, la tension cède la place à l’épuisement : poursuites répétitives, montage épileptique, dialogues criés à travers des vitres blindées… Tout va vite, mais rien n’avance.
Le duo avec Selena Gomez aurait pu surprendre, mais il tourne vite au tandem improbable, sans alchimie, coincé dans une intrigue qui n’a rien à dire. Quant à la ville de Sofia, elle est filmée comme un décor générique de simulateur de conduite, sans âme ni repère.
On pourrait croire à une parodie, mais Getaway se prend terriblement au sérieux. Et c’est bien là le drame. À trop foncer dans le vide, le film finit par devenir l’allégorie parfaite de ce qu’il raconte : un bolide incontrôlable, sans destination, ni pilote à bord.