Ghost in the Shell
7.7
Ghost in the Shell

Long-métrage d'animation de Mamoru Oshii (1995)

La fatalité de la technologie... et son âme !

Loin de se doter d’un scenario original, le célèbre anime de Mamoru Oshii tient tout de même ses promesses là où on ne l’attend pas. On aborde ici la thématique de la cybercriminalité, un support tout à fait convenable sur un futur bien apocalyptique. Le quotidien tourne autour de technologies que l’on convoite encore, mais qui présente bien des revers, au-delà de leurs multiples bienfaits.


Oshii sacrifie alors le développement de nombreux personnages afin de se consacrer à la tâche philosophique qui nous intéresse. La vie et la mort n’ont pas un sens « logique » selon son propre point de vue. C’est tout de même par le biais du Major Motoko Kusanagi que l’on appréhende ces notions. Cyborg en quête identitaire, elle exécute des tâches bien laborieuses, grâce à des capacités hors du commun. On reconnaît rapidement le contraste entre le décor futuriste, plongé dans un soupçon de pauvreté et de banalité. Mais ce que l’on retient, c’est ce qui raisonne lorsqu’on parle de « conscience de soi ». C’est en ce point que la métaphysique arrive à son comble et vient tirailler le spectateur, audacieux et curieux.


La forme humaine, n’est qu’une carapace renfermant le « Ghost », comme on l’appelle. Il s’agit implicitement de l’âme. Et tout comme l’œuvre le conçoit, son âme est ici développée et détournée dans une réflexion bien particulière. On s’affranchira de la grande linéarité de l’intrigue pour en comprendre les nuances. Et c’est entre les très bonnes séquences d’action, ici pour illustrer le propos et les limites de la technologie, que l’on vient tranquillement éveiller notre propre conception de la vie.


Bien entendu, la part de mystère aura le mot final sur un dénouement ouvert. Mais les quelques défauts qu’on lui reprochera sont essentiellement étouffés par les délicieuses partitions de Kenji Kawai.


C’est donc entre la position religieuse et la science moderne que se situe « Ghost In The Shell », cherchant ainsi une existence par l’intermédiaire de notre jugement. La machine a beau être mise en cause à plusieurs reprises, la profondeur n’aura jamais été aussi bien maîtrisée sur le continent Japonais !

Cinememories
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les meilleurs films d'anticipation, Les meilleurs films d'animation (dessins, 3D, etc.) et Les meilleurs films d'animation japonais

Créée

le 9 juin 2017

Critique lue 227 fois

Cinememories

Écrit par

Critique lue 227 fois

D'autres avis sur Ghost in the Shell

Ghost in the Shell

Ghost in the Shell

9

Sergent_Pepper

3192 critiques

Science, surveillance et ruines de l’âme.

Le drame des films futuristes réside dans leur condamnation à s’inscrire dans le passé : ainsi d’un temps à venir qui finira par advenir, qu’il s’agisse du Metropolis de Lang, du LA de Blade Runner...

le 29 mars 2017

Ghost in the Shell

Ghost in the Shell

9

Gothic

324 critiques

Tears in Rain

Ghost in the Shell, un titre qui claque, et qui revient souvent au moment d'évoquer les meilleurs films d'animation futuristes, voire les meilleurs films d'animation tout court. Doté d'une qualité...

le 1 juil. 2015

Ghost in the Shell

Ghost in the Shell

7

Hypérion

900 critiques

Les cyborgs rêvent-ils d'IA triomphant du test Voigt-Kampff ?

Regarder un film mythique sur le tard, c'est toujours prendre le risque d'être un peu déçu. Ghost in the Shell n'échappe pas à la règle. Anime de qualité malgré l'âge (bien qu'à mon sens, Miyazaki a...

le 25 avr. 2012

Du même critique

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

Comment devenir riche (grâce à sa grand-mère)

8

Cinememories

1653 critiques

Ce qu’on donne, ce qu’on reçoit, ce qu’on transmet

"L’argent et l’amour font certainement partie des piliers fondamentaux dans les relations familiales thaïlandaises. Pat Boonnitipat prend un malin plaisir à disserter sur sa culture dans son premier...

le 14 avr. 2025

Buzz l'Éclair

Buzz l'Éclair

3

Cinememories

1653 critiques

Vers l’ennui et pas plus loin

Un ranger de l’espace montre le bout de ses ailes et ce n’est pourtant pas un jouet. Ce sera d’ailleurs le premier message en ouverture, comme pour éviter toute confusion chez le spectateur,...

le 19 juin 2022

Ouistreham

Ouistreham

6

Cinememories

1653 critiques

Nomadland à quai

Il était très surprenant de découvrir Emmanuel Carrère à l’affiche d’un nouveau long et à l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, sachant la division du public sur « La Moustache » et malgré...

le 18 janv. 2022