--- Bonsoir, voyageur égaré. Te voila arrivé sur une critique un peu particulière: celle-ci s'inscrit dans une étrange série mi-critique, mi-narrative, mi-expérience. Plus précisément, tu es là au quinzième épisode de la huitième saison. Si tu veux reprendre la série à sa saison 1, le sommaire est ici :
https://www.senscritique.com/liste/Vampire_s_new_groove/1407163
Et si tu préfères juste le sommaire de la saison en cour, il est là :
https://www.senscritique.com/liste/soul_s/3323463
Et si tu ne veux rien de tout ça, je m'excuse pour les parties narratives de cette critique qui te sembleront bien inutiles...---
C'est comme reprendre sa respiration après une apnée déraisonnablement longue. Sortir des années 80. En plus de ça, les années 90 m'offraient un petit cadeau de bienvenue ce soir : le premier film d'animation du cycle. Il faut que j'en profite car, ayant un peu tordu mon sujet pour compléter ma playlist lors du mois-homme invisible, j'ai déjà vu Casper, et donc Ghost In The Shell ce soir sera le seul film d'animation du mois. Et si j'ai quelques réticences quant à mon visionnage de ce soir, je dois dire que j'ai été gâté tout de même, et même que le destin m'a fait un joli pied de nez, car si il y a évidemment bien plus de fantôme que d'homme invisible chez Casper, il y a finalement plus d'invisibles que de fantômes chez Ghost In The Shell. Et cette magnifique image de l'héroïne se fondant peu à peu dans le décor par un délicat effet de perspective aurait certainement pu beaucoup mieux alimenter ma recherche d'il y a trois ans que cet idiot de "gentil fantôme invisible".
Cependant même si on atteint là les limites du sujet, par la métaphore ou l'extrapolation du terme "fantôme", la réflexion est tout de même permise également sur ce thème. Car plutôt que les mots "âme" ou "esprit" c'est bien le terme "fantôme" qui est choisi par Mamoru Oshii pour désigner ce qu'il reste d'un humain lorsqu'on le dépouille de son enveloppe physique. Et même si jamais la définition précise n'est donné, et même si on comprend que les personnages eux-mêmes ne savent pas bien ce qu'est effectivement ce "gosuto", l'emploi de ce terme plutôt que n'importe quel autre me laisse songeuse. Sans fantômes et sans définition, j'ai l'impression que ce film plus qu'aucun autre ce mois vient de m'offrir une idée du fantôme des plus brillante, des plus intelligente et des plus mystique.
Cependant au delà de cette agréable réflexion sur le monstre du mois, je n'ai pas vraiment été transcendée par Ghost In The Shell. Peut-être qu'on m'en avait trop parlé, trop dit de bien, peut-être que malheureusement aujourd'hui le film soufre de la comparaison avec ses cadets qu'il a inspiré. Et, sans vraiment comprendre pourquoi, je n'ai été bouleversée ni par la fable onirique, ni par le film d'ambiance, ni par la poésie de cette humanité qui se dissout lentement dans sa technologie.