Prodige mexicain du ballon rond, repéré dans un club amateur de Los Angeles, Santiago Munez se voit proposer un essai en Europe dans le club mythique -ou presque- de Newcastle.
Danny Cannon réalise le roman, pour ne pas dire le conte de fée, du jeune footballeur. Les ados y trouveront de quoi fantasmer. Le cinéphile n'y verra que les clichés ordinaires de l'épopée sportive au cinéma, affligée de considérations morales, éducatives et philosophiques des plus convenues.
Passons sur le fait que Cannon ne sait pas mieux que ses devanciers filmer le foot au cinéma : trop de contraintes pour mettre en scène ses personnages fictifs dans le contexte d'un match réel. Son scénario est lisible dans les grandes lignes du début à la fin, de l'abattement de Santiago découvrant la rudesse de la météo et des entrainements anglais à son possible renoncement, de ses écarts de conduite à la gloire, c'est-à-dire au merveilleux but sur coup-franc dans les arrêts de jeu qui sonne l'accès à la Ligue des Champions...
Plus le film avance, plus il devient conventionnel et grotesque. On espère vainement des moments de vérité ou une vision personnelle du cinéaste dans le giron d'un club professionnel et de ses stars de l'équipe première (les Shearer, Boumsong et autres, sans préjudice d'apercevoir dans un night-club
les éblouissants Beckham, Raul et Zidane !).
Le scénario, qui ne nous épargne même pas la bluette du jeune héros avec une belle infirmière du club, est peuplé de personnages stéréotypés : la vedette arrogante qui passe ses soirées entre femmes et alcool, le manager sévère mais juste qui dispense ses oracles, le coéquipier fruste et jaloux...
Enfin, on ne s'en étonnera pas en considérant la dramaturgie et la mise en scène basiques du film, le comédien qui incarne Santiago est terne, voire médiocre, sur le terrain comme en dehors !