Ça y est, Sony Pictures Animation nous rend chèvre. Après deux opus de Spider-Man ultra- enthousiasmants et même un K-Pop Demon Hunters un peu moins bien écrit (mais à la BO ravageuse : vous n’êtes pas en forme ? Écoutez-vous ça à fond), Sony a fini par mettre le ballon en hors-jeu avec ce Goat semi-déceptif. Évidemment, l’animation « saccadée » et joliment imparfaite est bien là, les aquarelles abstraites en arrière-plan, la grande richesse des designs d’animaux (qui ferait pâlir les character design tous identiques et interchangeables de Disney depuis des années) : le film est encore une fois très flatteur à l’œil. Il faut aussi sauver cette BO ambiance rap des 90’s, l’amour du basket façon Michael Jordan mouillant le chasuble à la NBA, et un sur-dynamisme qui empêche de s’ennuyer. Mais voilà, côté scénaristes, les coups de sifflets et les cartons s’enchaînent : tout est très facile, niaiseux, peu caractérisé. Le héros
arrive à être qualifié sur une simple vidéo Tik Tok (alors qu’il a perdu le match,
moralité : le buzz vaut mieux que le fairplay du sport ?), il va
en championnat sans aucun entraînement
(dans une équipe qui n’avait pas de remplaçant ? Vraiment ?), « on doit gagner huit matches pour revenir dans la course, mais aucun problème, on a une séquence-clip de 30 secondes qui élude le problème comme un rien », et le twist de dernière minute sur l’avenir de l’équipe qu’on ne vous révèlera pas, mais qui est un scandale (arbitre, là, faute !). L’équipe est résumée en un trait de caractère par personnage, très lisses, le méchant est visible cinq minutes (trop occupé à faire des clips MTV très puérils), les gags sont des jeux de mots assez mal dosés (surtout quand vous avez une salle de cinéphiles aimant Sony, et pas un gamin : oh le bide à chaque vanne), la fin très cucul est un étonnement (dans le mauvais sens) pour un studio voulant concurrencer Disney, et la publicité en gros plan est assez infernale. Vous avez vu les belles Mercedes, les fringues Under Armour, et évidemment toute l’électronique Sony ? Ce n’est que le début du lavage de cerveau, le placement de produit est hideusement clinquant. Si Sony voulait bien passer autant de temps sur le scénario (vraiment raté, dans ce film) que sur sa pub, ou son esthétique et sa BO, on aurait un prochain film qui pourrait remettre un joli dunk au cinéphile, plutôt que d’être un film totalement oubliable, qui prend la poussière sur le banc de touche.