Parallèlement à la saga produite par les Américains, du côté nippon, on n’a jamais réellement lâché Godzilla, tant celui-ci est important au Japon pour son importance culturelle que la métaphore initiale qui n’est d’ailleurs pas toujours comprise par les Etats-Unis. Après la sortie en 2016 de Godzilla resurgence, nous avons donc le droit à ce nouvel opus, qui n’est pas une suite, mais une nouvelle version (les studios japonais n’étant pas vraiment porté sur les suites, il n’y a rien d’étonnant à ça.).
Pour ma part, je dois reconnaître que c’est probablement l’opus du célèbre monstre auquel j’ai le plus accroché. Peut-être parce qu’il est moins porté grand spectacle que ses compères yankees et beaucoup plus sur la symbolique, quoiqu’il en soit, je l’ai trouvé réellement intéressant. On suit avec plaisir l’histoire de Koichi, on accroche facilement à ce personnage principal plein de doute et de failles et qui ressemble, pour moi, bien plus à un héros que ce qu’on a pu voir jusqu’ici. La fin est également très bien gérée, bien aidée par les multiples niveaux de sous-texte qui ont été implantés dans le scénario (Notamment, l’acceptation de l’échec, le fait de savoir se pardonner à soi-même et surtout, SURTOUT, un très beau message de remise en question de la part du pays du soleil levant ce qui fait beaucoup de bien, d’autant plus que le Japon a toujours beaucoup de mal à se remettre en question.). Pour la partie technique, on profite d’une partie sonore fort sympathique et d’un visuel globalement excellent. À ce niveau-là, je n’ai qu’un seul regret : Godzilla en lui-même est plutôt raté, même si vu le budget du film, on aurait très difficilement pu avoir mieux (1).
On regrettera, en revanche quelque incohérence scénaristique (par exemple, je sais que c’est pour l’effet dramatique, mais à aucun moment, il est crédible de revoir Noriko en vie à la fin.) et un rythme assez déroutant au début (on est presque sur un style film d’auteur pour la première heure.).
Malgré tout, ce film reste une excellente surprise, d’autant plus que je ne m’attendais pas à une telle qualité. Le film est d’ailleurs encensé, autant par la critique que par les spectateurs au point d’être nommé aux Oscars pour ses effets visuels (Alors qu’encore une fois, le budget est particulièrement bas. Si vous ne l’avez pas encore vu, n’hésitez pas et foncez, vous risquez d’être surpris.
(1) Le budget de production frise le ridicule avec à peine 15 millions d’euros, pour un résultat qui ferait pâlir bon nombre de films actuels.