J’avoue être passé totalement à côté de ce film Japonnais, à sa sortie... En cause, un agacement face à l’engouement aveugle d’un certain public de masse pour les toutes les productions asiatiques depuis "Squid Game". Non pas que je nie la qualité de beaucoup de leurs films, mais quand on a visionné beaucoup de ce cinéma dans les années 90/2000, cette frénésie contraste avec l’état réel d’une partie du cinéma asiatique, notamment sud-coréen, très largement bouffé par les majors depuis 15 ans, laissant nombre d’auteurs locaux dans la clochardisation. Au milieu de quelques très bons films, la Corée du Sud produit 90 % de divertissement nanardesque, une réalité complètement obscurcie par les productions Netflix.
Mais à la vision de ce nouveau Godzilla - contrairement à beaucoup de critiques – je ne suis pas étonné qu’il ait rencontré un joli succès en Occident, pour des raisons qui ne tiennent pas à la frénésie précitée. Au-delà de la prouesse du résultat technique avec un budget limitée, le film se démarque par son propos.
Très largement anti-réactionnaire, « Minus One » remet frontalement en cause la culture de l’honneur, tout en valorisant le courage et la dignité des simples citoyens, face à des sacrifices que l’autorité leur impose, sans en payer le prix du sang, eux-mêmes. Le monstre sera ici vaincu par la seule volonté du peuple à s’organiser, l’armée japonaise étant visiblement dépassée par la situation. La mort n’est plus défendu tel un honneur à faire valoir au profit de l’autorité militaire, le combat est mis au service de la vie, par la population et pour la population. Le message est principalement dicté par la tradition des kamikaze, explicitement condamné.
C’est un bon diversement, peut-être un peu long (un 1/4 d’heure de moins aurait été le bienvenu), les reconstitutions fonctionnent, les personnages sont intéressant à suivre et les scènes de combat contre Godzilla sont rudement menée. Un bon moment à passer.