Comme l’avait laissé présager la fin de « Godzilla Minus One », la bête Godzilla est bel et bien de retour dans cette suite, même s’il n’est pas le monstre principal (si on s’en tient au temps de présence à l’écran).
Ce nouvel antagoniste est un dragon baptisé Ghidorah par l’état-major japonais. A l’instar de Godzilla dans le précédent film, il est introduit par une scène de dévastation d’une ville, en l’occurrence celle de Matsumoto. À mon sens, la principale réussite du film est sa qualité visuelle, où les deux monstres, Ghidorah et Godzilla, sont impressionnants à l’écran et représentent les menaces existentielles qu’ils sont pour les êtres humains, ainsi que des monstres de destruction dont la taille vertigineuse et les pouvoirs donnent des images de dévastation de territoire épatantes. Le film est très généreux au niveau des effets spéciaux sur les combats, et c’est appréciable, d’autant plus qu’il y a une utilisation plus que réussie d’éléments tels que la pluie, le feu et la foudre, qui donnent une dimension encore plus spectaculaire aux affrontements. En ce qui concerne les combats, je regrette simplement que la bataille finale m’ait paru un peu ennuyeuse à bien des moments, où j’ai eu l’impression que les nombreuses interactions qu’il y a eues lors de cette séquence ont quelque peu cassé le rythme de l’action, ainsi que le combat entre Ghidorah et Godzilla qui m’a un peu déçu.
Le principal problème du film est le développement des tourments au sein de la petite famille de Koichi. Cette famille est composée certes de personnes qui ont toutes connu des drames et qui n'ont pas envie de voir leurs proches risquer leur vie contre Ghidorah. Cependant, leurs interactions et les dilemmes de cette famille ne parviennent pas véritablement à faire ressentir une quelconque émotion. Le couple verbalise tout ce qu'il ressent au sein d'une intrigue familiale remplie de bons sentiments à l'excès avec en conclusion une scène finale que j'ai trouvée assez affligeante de pathos.
Je tiens à ajouter que l'une des qualités de cette suite par rapport au précédent film est d'avoir incorporé une dimension géopolitique (en ne négligeant pas le reste du monde qui n'a aucune raison de ne pas se méfier des créatures) à l'intrigue avec l'aide toute relative des États-Unis qui aident les Japonais dans leur lutte contre les monstres en faisant le minimum et, surtout, pour servir leurs propres intérêts en imposant même des contraintes à l'état-major japonais, sur leur propre sol, à la fin de la bataille.