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On prend les mêmes et on recommence. Un James toujours plus Beauf que Bond au caractère rétrograde (ça claque des culs de pépées et ça critique ces dégénérés de Beatles), le running gag du lancé de chapeau dans le bureau de Moneypenny et l’interruption du flirt par M qui va avec, faisant office d’unique fil rouge à la franchise pour le moment, des gadgets que l’on cantonne cette fois-ci au nouveau placement produit Aston Martin qui vient remplacer la Bentley (au même titre que la Rolex qui fait là son apparition)...
Sauf que passé un générique désormais culte, porté par la voix puissante de Shirley Bassey, et dont le thème musical accompagnera le reste du film, on s’aperçoit tout de même qu’il y a quelques menus ajustements dans la formule. Déjà, on emploie de véritables acteurs asiatiques pour jouer les chinois (si on exclut Oddjob le coréen, interprété par un Hawaïen. Mais ne gâchons pas la fête). Mais surtout, on apporte de l’auto-dérision au personnage de 007. Celui-ci reconnaît que ses errements satyromanes le mettent dans le pétrin trop souvent. Et c’est bien parce qu'il ne sait pas contrôler ses pulsions que ça en fait le Bond le plus couillon à ce jour.
Car il faut bien réaliser qu’il ne fout absolument rien dans ce film. Il couche avec une employée de Goldfinger, la fille meurt et il est assommé. Il drague ensuite sa sœur, qui se fait tuer par sa faute, et finit prisonnier pour le reste de la péloche. Il active un traqueur qui ne sert à rien. Il drague et couche avec Pussy Galore (sic), la sortant par la même occasion de son lesbianisme erroné, et grâce à cela elle trahit Goldfinger. Tout repose sur cette trahison qu’il n’essaye même pas de provoquer chez Pussy. Bond a sauvé le monde à la pointe de sa verge, sans forcer.
Paradoxalement, cette nullité de 007 met en valeur l’intelligence du villain qui pose une véritable menace, dont le plan est bien ficelé et rend Bond pantois quand celui-ci réalise qu’il n’a rien vu venir. Un villain d’anthologie qui devient rapidement le seul personnage intéressant du film, complimenté par le sbire Oddjob qui va bien.
Lentement mais sûrement, Bond consolide ses acquis et devient moins gênant (on n'est pas encore sorti de l’auberge, entendez moi bien). De Dr. No on acquiert assez d’argent pour propulser From Russia with Love dans d’autres strates, et de ce dernier on peut capitaliser sur ce qui fait le succès de la formule. Paraît que ça se gâte ensuite. Nous verrons bien.