Total divertissement que nous propose Fincher aujourd’hui, et qui marque sans doute un retour aux bons titres de sa filmographie (bien plus de relief que ses derniers travaux). Si la durée de deux heures et demie n’est pas sans rappeler un certain Prisoners, Gone Girl parvient à tenir la distance grâce à de purs artifices de divertissement. C’est en faisant muter son histoire, en dévoilant régulièrement ses partis pris et en développant de façon efficace ses arguments qu’il parvient à relancer l’intérêt, à densifier ses personnages, à relancer le suspense. La bande annonce n’annonçait que le premier tiers du film. Aussi se déroule-t-il en trois actes, chacun ayant ses mécanismes de fonctionnement. Dans le premier, nous sommes dans l’ambigüité, et l’essentiel de l’intérêt est retenu par le jeu de piste laissé par Amy, qui mène les enquêteurs à son journal intime (qui entrecoupe fréquemment le récit pour augmenter le malaise sur la vie de couple) et Nick vers sa potence, lui faisant accumuler les motifs de condamnation sur son passage. Le second est entamé par un twist monumental, et s’axe clairement sur des jeux de manipulation. Nick, descendu par l’opinion public, engage une bataille médiatique pour améliorer son image et soutenir sa vision des faits, tandis qu’Amy, dont le plan capote, se retrouve à improviser. En découle un savant jeu de dominos, assez imprévisible, et surtout conclu par une scène gorrissime qui, ma foi, devrait laisser un beau souvenir chez les cinéphiles. On grimpe sans arrêt dans les artifices de manipulation, et là, climax. Qui s’ouvre avec un humour assumé (l’insulte murmurée lors des retrouvailles) sur le trois acte, bref (une petite demi-heure), mais intense. C’est à ce moment là qu’on prend conscience qu’il s’agirait presque d’un remake de Basic Instinct, avec un Paul Verhoeven de la grande époque derrière les commandes. Bon discours sur la manipulation psychologique et personnage féminin massif, on a là une renaissance inattendue, et totalement jouissive. Quand on voit le dernier effort (assez pathétique) du hollandais, voir Gone Girl écrase le modèle. Vraiment, joli coup de la part de Fincher, sans doute pour l’un des films les plus marquants de l’année.
Voracinéphile
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le 15 oct. 2014

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