La Femme qui n'aimait pas les Hommes
Ce mois d'octobre semble marqué par cette thématique au centre du nouveau film de David Fincher : la disparition de l'être aimée, et le soupçon de meurtre. Il y a d'abord la version ultra pessimiste de Zvianguitsev, celle guignol de Horns en attendant la version arty de Gregg Araki avec White Bird. Mais celle de David Fincher se distingue sur un point : la femme n'est plus une victime.
Lorsque la magnifique Amy se rend compte que sa vie n'a jamais rien eu de très ''amazing'', elle décide de réellement faire parler d'elle. La blonde veut troquer son adjectif, passer d' ''amazing'' à ''poor'' Amy. Gone Girl, ou le brûlot contre le mariage.
Gone Girl a l'allure du projet idéal pour David Fincher. D'ailleurs personne mieux que lui aurait pu réaliser ce thriller à l'intrigue longue et éprouvante en gardant une virtuosité de mise en scène tout au long de ces 2h30. Fincher est dans la droite lignée de Millenium, avec un personnage féminin aux antipodes de Lisbeth Salander. La sombre gothique cachait les apparences de son contrôle total sur la situation tandis que la belle blonde pense naïvement tout maîtriser. Après la fable féministe des Hommes qui n'aimaient pas les femmes, Fincher prend cette fois-ci la défense de la gente masculine, incarnée par un Ben Affleck -une fois n'est pas coutume- flamboyant.
L'intelligence et la particularité de Gone Girl c'est son point de vue externe. Le scénario joue avec les suspicions, donnant les indices nécessaires pour nous faire douter davantage. Personne tombe de son siège d'étonnement lorsque l'on apprend qu'Amy a tout organisé. Mais qui aurait pu se douter que ce supposé personnage de femme forte serait réduit au ridicule et à l'hystérie ? Il fallait oser. Dans la seconde partie le film passe du thriller au grand n'importe quoi que ça en devient comique. Une preuve s'il en fallait une que le roi du thriller ne cesse de se renouveler, allant jusqu'à se moquer de ses propres codes.
Gone Girl est trop saugrenu pour être un véritable chef d’œuvre du genre. Mais il est assurément un nouveau grand film de David Fincher qui fait preuve d'une indéfectible maîtrise du cinéma.