Gone Girl par Julie_La_Roque
Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick déclare à la police la disparition de sa fiancée, Amy. L'image solide du couple va peu à peu se déliter à mesure que certains traits plus sombres des deux amants vont se révéler, via les flashs-backs de leur cinq précédentes années de vie de couple.
L'intrigue du film se construit comme un jeu de pistes, choix formel cher au réalisateur, faisant état de la désagrégation du couple au fil de son existence. Par ce biais, le réalisateur nous propose comme première lecture une "funeste" vision du mariage plutôt très convaincante, argumentée et rendue visible à travers une mise en scène épurée, et un jeu d'acteurs très convaincant (le rôle flegmatique de Nick va comme un gant à l'acteur Ben Affleck) L'utilisation de cette lumière désaturée, associée au brillant travail sonore de Trent Reznor et Atticus Ross, permet de créer une atmosphère grave qui nous tient en haleine tout au long du thriller.
La cohérence du scénario, qui respecte par ailleurs à la lettre la trame narrative du roman de Gillian Flynn, nous apparait comme l’une des forces du film, au point que chaque rebondissements, chaque nouvelles pistes, arrivent réellement à nous surprendre, nous inquiéter; et c'est cette cohérence qui nous maintient dans l'univers fictionnel du film.
Gone Girl est un bon film, même si il réanime certaines idées réactionnaires et misogynes, assez dérangeantes au final, qui auraient pu être brillamment évité en inversant les rôles des personnages. En se détachant par cette exercice du roman de Flynn, Fincher aurait alors fait de Gone Girl un très bon film, en élaborant un scénario plus étonnant encore, davantage novateur.