Ce que j’ai vraiment aimé dans Good Fortune, c’est sa manière de parler de sujets sérieux sans abandonner complètement l’esprit de comédie.
Le film aborde la situation des travailleurs pauvres, la multiplication des petits boulots, l’ubérisation du travail et cette impression de courir constamment après l’argent sans jamais réellement s’en sortir. En parallèle, il montre le monde des privilégiés et l’immense distance qui peut exister entre deux personnes vivant pourtant dans la même ville.
Mais le meilleur choix du scénario reste, à mes yeux, le fait de faire vivre à chacun la vie de l’autre. Sans spoiler, cette idée donne tout son intérêt au film : on ne se contente pas de nous expliquer les inégalités, on nous invite à les ressentir à travers les personnages.
C’est également là que le film devient particulièrement empathique. Il rappelle qu’avant de juger quelqu’un sur ses choix, son travail ou sa situation, il faudrait parfois pouvoir comprendre ce qu’il vit réellement.
Et Keanu Reeves est un énorme point fort. Il apporte une naïveté, une gentillesse et une dimension presque enfantine à son ange, ce qui rend le personnage immédiatement attachant. Le casting fonctionne très bien dans l'ensemble.
Good Fortune n’est peut-être pas une œuvre révolutionnaire sur le plan social, mais c’est un très bon film, sincère et divertissant, qui réussit à faire réfléchir sur le travail, l’argent, les privilèges et surtout sur l’importance de l’empathie.
Une comédie sociale qui fait du bien.