Pour un nouveau prophète...
Un film vanté. Qui aurait pu être adoré. Une potentielle découverte waltersienne. Et finalement, un peu décevant.
Une jeune étudiante rêve mariage avec le garçon le plus mufle qui soit. Elle accepte compromission après compromission, masochiste au point d'épargner au malappris sus-dit (il lui a fait faux bond pour la prom-night!) la peine de rompre avec sa petite amie, qu'il aime un peu, mais pas autant qu'elle, bien sûr bien sûr.
Le film est attachant toutefois. Des défauts, mais la volonté de bien faire. Un souffle un peu dilettante, un peu bohème, qui nous entraîne dans un espace hors-temps, hors catégorie, une université insolite,
où l'on porte, sans complexe aucun, des chaussettes oranges assorties à un pull jacquard,
où les yeux bleus sont vraiment très bleus (they sure are blue!).Truisme que l'on ne répètera jamais assez.
où les sourires sont lumineux. Celui de June Allyson, miam! C'est la plus charmante des victimes.
où Marivaux débarque incognito. Trois tours de passe-passe et hop, nous avons, le temps d'une très jolie chanson, de plaisants chassés-croisés.
Et cette très jolie chanson, "Happy in love", je la cherche d'ailleurs en vain sur Youtube. J'ai eu beau écouter So long Marianne tout l'après-midi, pour la chasser définitivement (en général, Cohen, ça marche) rien n'y fait, elle m'habite. Juste pour ça, j'ai presque envie de revoir le film...
Ma critique est somme toute élogieuse. C'est volontaire. Malgré les innombrables faiblesses du film, je rends gracieusement hommage à un jeune garçon trop tôt disparu, qui avait tenté, tout comme Walters, de répandre la "Bonne Nouvelle".