Actrice ou acteur qui passe à la réalisation : cas numéro 841! Blague à part, il semblerait que réaliser son propre film devienne un passage obligé pour tout comédien qui se respecte. Sauf que beaucoup devraient s’abstenir tant leurs films ne sont pas mémorables voire franchement mauvais. Cette fois, c’est la grande Kate Winslet qui s’y colle avec un film de Noël, genre qui lui avait plutôt bien réussi pour la comédie romantique culte « The Holiday ». Cette année on a eu aussi Scarlett Johansson avec le plutôt réussi « Eleanor the Great » et Kristin Scott Thomas avec le plutôt raté « My mother’s wedding ». Alors « Goodbye June » penche de quel côté? Malheureusement, plutôt du mauvais. Pas que le long-métrage soit raté car il déploie tout de même certaines qualités et demeure tout à fait regardable. Mais il repose surtout sur sa distribution, tous impeccables même quand ils n’ont pas grand-chose à jouer (la grande Toni Collette et Helen Mirren en premier lieu) et doivent se débattre avec des personnages assez basiques et caricaturaux. On a aussi le droit à deux ou trois moments d’émotion véritablement poignants et certaines séquences prêtent à sourire sincèrement, entre caustique et tendresse. Cependant, si tout cela se regarde gentiment, ce mélodrame de Noël pêche sur bien plus d’aspects qu’il ne nous convainc sur d’autres.
Kate Winslet n’a pas écrit le scénario elle-même mais elle aurait dû s’y pencher tant celui-ci respire le déjà-vu. En gros, on a un drame (ici la matriarche qui va mourir d’un cancer) qui va permettre la réunion de tous les membres d’une famille dysfonctionnelle. On suit donc ces personnages qui ne s’entendent et ne se comprennent pas dans le but d’une réconciliation filmée. C’est classique de bout en bout et il est difficile de trouver ne serait-ce qu’une once d’originalité là-dedans tant tout est prévisible. Et les situations proposées comme les rancœurs de chacun sont franchement trop triviales pour convaincre d’autant plus que leur résolution se révèle souvent bien maladroite. Que ce soit entre les deux sœurs fâchées ou entre un père et son fils, une simple scène permet de tout faire rentrer dans l’ordre en un coup de baguette magique! Pas vraiment très crédible. Et les personnages semblent remplir des cases en forme de clichés sur pattes (la bourgeoise stressée, la prolétaire débrouillarde écolo ou la prof de spiritualité azimutée pour nos trois sœurs). C’est peut-être le père joué par Timothy Spall le mieux loti au final. Ajoutons à cela des longueurs et une mise en scène peu inspirée et ce « Goodbye June » ne marquera clairement pas les mémoires. Pas déplaisant mais franchement anodin.
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