Ah ! Les thrillers horrifico-fantastiques des années 2000...
Ou quand les réalisateurs n'avaient pas honte d'intégrer des manoirs gothiques, de saigner le genre fantastique sans vergogne, et que de véritables têtes d'affiche répondaient présente.
Car oui, Gothika a un cast solide.
Halle Berry alias Miranda, y est plus belle que jamais, Penelope Cruz y fait étal de son talent d'actrice, et Robert Downey Jr et Charles S. Dutton sont d'excellents seconds rôles. Grâce à une distribution tout sauf hasardeuse, Gothika se démarque.
Le décor du film correspond exactement à ce que l'on attend d'un thriller fantastique du début de la décennie, tout en se gardant de tomber dans les excès du genre.
Superbe manoir gothique reconverti en prison, dont le sous-sol est occupée par une immense piscine, et dont une aile est à l'abandon (il en faut toujours une, c'est la base), le Woodward Penitentiary est un labyrinthe qu'heureusement pour elle, Halle Berry alias Miranda Grey connait comme sa poche. Sa situation isolée sous une pluie diluvienne, le tout dans une atmosphère électrique entrecoupée d'orages, complète le tableau, digne d'un épisode de Supernatural.
Qu'on se le dise dès le début, on ne peut prétendre que Gothika soit un chef d'oeuvre du septième art, et cela n'a vraisemblablement jamais été son ambition. Le film est honnête avec son cœur de cible, et ne maquille pas son objectif premier, à savoir nous donner des sueurs froides à l'aide d'une revenante qui ne demande qu'à assouvir sa vengeance dans une ambiance d'asile psychiatrique , où il ne manque que traitements aux électrochocs et lobotomies pour qu'on se croit au début du siècle dernier.
On n'est clairement pas devant un Mullholland Dr. ou un Gone Girl, et tant que le réalisateur, un certain Mathieu Kassovitz, n'essaie pas de nous le faire croire, je n'y vois pas d'inconvénient.
D'ailleurs, en parlant de lui, en lisant d'autres critiques, j'ai cru comprendre qu'il avait, antérieurement à Gothika, réalisé de "bien meilleurs" films. Grand bien lui fasse, mais pour ma part, Gothika, je le trouve déjà pas mal du tout.
Le soin de la bande-son, est laissé à un certain John Ottman, qu'on n'oubliera donc pas de créditer pour la mise en place de l'ambiance creepy. Sans être extraordinaire, on peut dire que la trame sonore de Gothika fonctionne plutôt bien.
Le scénario comporte plusieurs incohérences, mais difficile de lui en tenir rigueur, puisqu'il n'y en a pas davantage que d'habitude.
La plus notable d'entre elles étant que le Sheriff Ryan puisse s'introduire dans la cellule de Chloe (Penelope) au cœur du l’établissement pénitencier pour la violer. Le scénario suggère qu'une telle intrusion est passée totalement inaperçue, alors que la prison est blindée de gardes et de cameras.
On n'y croit pas. Mais alors même pas 5 minutes, pour le coup.
En outre, ce qui nous chagrine concernant cette révélation particulièrement difficile à avaler, c'est l'impression qu'elle était loin d'être nécessaire, les scénaristes auraient pu tout simplement s'en sortir en prétendant que c'était véritablement le diable qui s'en prenait à elle, et basta.
Pourquoi aller faire un film fantastique, si on ne s'autorise pas ce genre de libertés ?
C'est là le principal avantage du surnaturel, il rend les explications optionnelles et les interprétations fantaisistes acceptables.
Pour terminer sur les points négatifs de Gothika, son dénouement constitue surement son plus gros point faible, car il s'avère à la fois peu crédible et prévisible.
Peu crédible que la talentueuse psychiatre Miranda Grey n'ait pas remarqué qu'elle avait un serial killer pour époux, et peu crédible que toute l'affaire ne lui retombe finalement pas sur le dos étant donné qu'elle a tué un officier sans personne pour témoigner qu'il s'agissait de légitime défense. Prévisible que la jeune fille du pont, Rachel, ait été tué par le mari d'Halle, dont le meurtre n'était qu'une simple vengeance.
Les répliques qu'on retiendra :
You can't trust someone who thinks you're crazy
Chloe à Miranda, quand cette dernière est encore du bon côté des barreaux.
Logic is overrated.
Miranda quand elle termine le Sheriff. #badass
Pour finir, ma note a pu être très légèrement influencée par le générique de fin. J'adore cette chanson, et elle s'allie parfaitement avec l'ambiance de la scène finale Gothika.
♪ I have hours // Only lonely ♪
♪ My love is vengeance // That's never free ♪
PS : Oui, le mot horrifico-fantastique existe. J'ai vérifié.