"Grand Central" part d'une très bonne idée : montrer le quotidien des prestataires utilisés pendant les arrêts de tranche des centrales nucléaires. Des personnes avec peu de qualifications, qui acceptent de suivre des formations et d'effectuer des travaux souvent ingrats, sous rayonnement ionisants. Et qui se retrouvent tous ensemble dans leur camp de caravanes aux abords du site.
Un univers intéressant, qui plus est montré avec pertinence. C'est anxiogène quand il faut, pour souligner la dangerosité de certains travaux, et le stress permanent de devoir limiter sa dose radiologique absorbée, afin de rester sous les limites règlementaires. Sans quoi c'est le chômage technique.
Sauf que voilà, c'est un film français et il fallait une histoire de fesse pour meubler, avec son quota de nudité pour attirer le chaland. Et là, double pénalité.
D'une part, l'histoire en question est loin d'être palpitante. On parle de batifolage dans les prés, qui seront plus ou moins justifiés par la suite. D'autre part, c'est Léa Seydoux qui s'y colle. Actrice qui m'insupporte très rapidement (avis purement personnel). D'autant plus qu'ils lui ont mis des mini-shorts et une coupe garçonne pour faire "fille populaire"... alors qu'elle a régulièrement une élocution beaucoup trop lustrée pour une ouvrière.
Dommage, cette intrigue vient phagocyter un film qui avait une bonne ambiance. Entre la camaraderie des travailleurs à grande gueule (Tahar Rahim, Denis Ménochet, Olivier Gourmet). Et la pression régulière qu'ils subissent.
Par ailleurs, techniquement cela tient plutôt bien la route pour un film grand public. Je passe sur le fait que l'on nous fasse croire que l'action se déroule à Cruas, alors que le film a été tourné en Autriche. Dans une centrale bouillante terminée mais jamais démarrée. Je passe sur quelques situations qui paraissent très peu probables et qui verraient l'expulsion immédiate des travailleurs, avec poursuites contre leur employeur.