Il est toujours regrettable de voir un film partir d'une idée vibrante pour finalement s'étioler dans l'indifférence. Grassroots (Stephen Gyllenhaal, 2012) est de ceux-là : un long-métrage qui voulait capturer l'élan d'une démocratie locale vivante, mais qui ne réussit qu'à offrir une fresque molle et désordonnée. D’où ma note de 4,5/10, sévère mais justifiée.


Dès les premières scènes, l'ambition semble louable : raconter l'irruption d'un citoyen idéaliste dans le monde feutré de la politique municipale. Mais très vite, Grassroots se heurte à son principal défaut : une écriture bancale qui hésite constamment entre la satire mordante et le feel-good movie sans jamais trouver son ton. Cette indécision affaiblit non seulement l’impact du récit, mais en dilue aussi toute tension dramatique. À force de vouloir plaire à tout le monde, le film finit par ne captiver personne.


La mise en scène, quant à elle, est d'une platitude désolante. Loin d’accompagner le tumulte d'une campagne électorale improvisée, elle se contente de filmer sans inspiration, au service d’une narration paresseuse. Aucune fulgurance visuelle, aucun élan de mise en scène ne vient rehausser le propos, pourtant fertile en matière d'engagement et de combat politique.


Côté performances, le tableau est tout aussi mitigé. Jason Biggs joue sur l’autopilote, recyclant les mêmes tics d'acteur qu'on lui connaît depuis American Pie, tandis que Joel David Moore livre un Grant Cogswell hystérique, peu crédible et surtout épuisant à suivre. Là où l'on aurait aimé ressentir la fougue sincère d'un combat citoyen, on se retrouve face à des personnages qui paraissent caricaturaux, presque déconnectés de toute réalité émotionnelle.


Il serait injuste de dire que Grassroots est un film malveillant ou inutile. Quelques scènes respirent une sincérité touchante, et le regard porté sur l’engagement politique "de terrain" est relativement rare au cinéma. Mais ces qualités apparaissent comme des éclairs isolés dans un ciel tristement couvert.


En définitive, Grassroots est un échec frustrant : un film qui aurait pu être galvanisant, qui aurait pu secouer, mais qui préfère se noyer dans une écriture fade et une réalisation sans nerf. Un rendez-vous manqué avec le potentiel de son sujet.

CriticMaster
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le 28 avr. 2025

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