Je suis une grande défenseuse de "Grave Encounters". Je le place dans le haut du panier des found footages de terreur, aux côtés de [REC] qui reste insurpassable.
Ce qui fait de "Grave Encounters" un found footage très particulier, c'est que le décor - un hôpital psychiatrique désaffecté - finit par être le personnage principal du film, un personnage maléfique qui emprisonne puis engloutit les cinq petits humains qui ont eu la mauvaise idée de s'y frotter. Un décor diabolique qui se transforme en permanence et fait perdre tout repère d'espace et de temps à l'équipe de télévision qui s'y est aventurée. Un nouveau couloir apparaît, un escalier aboutit à un mur, il fait encore nuit noire à 13h... L'hôpital semble prendre vie et chercher à rendre fous les protagonistes.
C'est très immersif, donc très éprouvant, surtout la dernière partie. La fin me dévaste à chaque fois.
J'aime la progression dramatique de l'histoire. Le film commence comme une franche comédie, avec ces cinq aventuriers du paranormal suréquipés qui ne croient pas une seconde aux fantômes et ont juste envie de faire une émission qui fera de l'audience. Il y a le présentateur vedette, ses trois équipiers vidéastes et un faux médium. On s'attache vite à cette petite équipe sympathique, cool et drôle. Le présentateur en fait des caisses, mais on sent qu'il n'y croit pas une seconde et l'acteur embauché pour jouer le médium est hilarant.
Le film prend son temps pour qu'on s'attache à l'équipe, même si les personnages ne sont pas développés. Leur plongée dans la folie n'en sera que plus douloureuse et éprouvante.
Le film prend aussi son temps pour l'apparition des phénomènes paranormaux. Au début, ils sont légers, fugitifs et anti-spectaculaires : une fenêtre qui s'ouvre toute seule, un fauteuil roulant qui bouge de quelques centimètres en arrière-plan, une porte qui claque... Pas de quoi fouetter un chat. On monte d'un cran quand un esprit soulève brusquement les cheveux de la fille du groupe.
Les choses sérieuses commencent quand un long couloir apparaît derrière la porte qui donnait sur l'extérieur originellement. A partir de ce moment, l'angoisse et la folie commencent à affecter le groupe qui se retrouve prisonnier sans possibilité de communiquer avec l'extérieur, dans un immense labyrinthe plongé dans le noir et en perpétuelle mutation. C'est la vraie originalité de "Grave Encounters".
La dernière partie est particulièrement noire et désespérée. On suit les errements de l'équipe dans les entrailles du "monstre", à la recherche d'une sortie qu'elle ne trouvera jamais. Les personnages disparaissent un par un, brutalement éliminés ou rendus fous.
J'ai rarement vu un found footage passant d'une comédie à une tragédie aussi noire.
Les acteurs sont tous bons. J'aime particulièrement celui qui joue le présentateur. Il suscite beaucoup d'empathie et son horrible fin est traumatisante.