Vous trouviez Deadpool trash ? Attendez donc de voir Grimsby !
L’anti-héros Marvel passerait pour un enfant de cœur à côté de Nobby. Sacha Baron Cohen va loin, mais alors très loin avec son dernier personnage. C’est d’une grossièreté sans nom, d’un mauvais gout délicieux et d’une drôlerie irrésistible ! Certaines scènes sont immédiatement cultes. On ne dévoilera rien ici, ce serait trop dommage de spoiler quoique ce soit, mais les gags plus indécents les uns que les autres se succèdent sans laisser le moindre temps mort. Ça fuse ! A peine le temps de se remettre d’une réplique terrassante de Nobby qu’il nous propose déjà une nouvelle connerie. Tout juste divulguera-t-on qu’il est question, en vrac, de fléchette empoisonnée, d’un étron mou au centre, de gouttes de sang et d’éléphants…
C’est cru, couillu, fendard, osé, mais pas seulement. Malgré l’enchainement crescendo des situations les plus barges, Grimsby parvient à éviter l’écueil du film à sketchs. Sans complaisance, ni auto-satisfaction, il suit son petit bonhomme de chemin de vilain garnement. Si Baron Cohen ne se fixe aucune limite dans l’outrance, il peut compter sur le savoir-faire de Leterrier pour donner au film les atours d’une très efficace comédie d’action. Les scènes de baston et de poursuite sont particulièrement réussies et Grimsby repose sur un scénario qui tient surprenamment bien la route. Il rend également crédible voir attachante la relation entre les deux frères, grâce notamment à de jolies scènes de flash- back. L’écriture n’est ainsi par sacrifiée sur l’autel de la grosse blague et de la provoc, Grimsby fait preuve d’un réel souci de cohérence. Pouvant compter sur du très bon pop rock briton pour habiller le tout, Grimsby réalise le mix parfait entre l’humour bordeline de Baron Cohen et les qualités d’actionner de Leterrier. Inattendu et assez jouissif.