Ce n'est pas un film, mais trois. Chacun des réalisateurs -Terence Young, Christian-Jaque, Carlo Lizzani- a tourné dans son coin et dans sa langue un épisode dont la transition avec les autres est assuré par le général américain interprété par Robert Ryan. Ce qui ne suffit absolument pas à donner une cohérence, de forme ou de fond, à l'ensemble.
Le résultat est assez regrettable, à la limite de la supercherie. Alléché par la présence de Henry Fonda, Bourvil ou Vittorio Gassman, qui ne se rencontrent pas, on peut imaginer une film d'espionnage et de Guerre froide à grande échelle et on se retrouve face à un triptyque tout de qu'il y a de moins homogène...dialogué par Philippe Bouvard! (pour ce qui est de la version française probablement).
Terence Young fait illusion avec une intrigue plutôt sobre à Berlin ouest; puis vient la parodie de James Bond de Christian-Jaque avec un Bourvil en agent secret (pas tant que ça) et homme d'action en mission à Djibouti et une Annie Girardot qui joue les jamesbond's girls! Pourquoi pas, mais la rupture de ton est saisissante. Pour finir: l'épisode italien, le plus mauvais, qui annonce à tort une comédie à l'italienne -eu égard au personnage de Gassman- et se prolonge dans un dérisoire cinéma d'action.
En les considérant séparément, on pourrait éventuellement trouver quelque intérêt à ces morceaux d'aventures; mais réunis, ils constituent une façon de film à sketches sans unité et sans intrigue. L'épisode français, avec le trio Bourvil-Girardot-Hossein est à voir, suivant le dessein de Christian-Jaque, comme un moyen-métrage au second degré. Sans quoi, on risque de trouver les personnages et les dialogues assez ridicules.