Gunner. Morgan Freeman derrière les barreaux, un Hemsworth en père de famille version machine de guerre, et une sortie en camping qui tourne au carnage contre un cartel de fentanyl. Sur le papier, ça sent le bon petit actioner de série B qu'on regarde un dimanche soir avec une bière. Dans les faits, accroche-toi, parce qu'on va parler d'un film qui a été vendu dans le monde entier avant même d'avoir fini son tournage, uniquement sur la force de deux noms sur une affiche.
Alors, de quoi ça parle. Lee Gunner, ancien des forces spéciales, emmène ses deux fils camper pour recoller les morceaux d'une relation abîmée par des années d'absence. Sauf que la petite virée tourne mal : les gamins tombent sur un labo de fentanyl en pleine forêt, et se retrouvent kidnappés par le fils d'un parrain de la drogue, lui-même incarné par Morgan Freeman depuis sa cellule de prison. Gunner n'a alors plus qu'une option : aller le chercher, littéralement en faisant sortir Freeman de prison pour l'échanger contre ses fils. Oui, tu as bien entendu.
Et c'est là que le film devient intéressant à décortiquer, pas pour ses qualités, mais pour ce qu'il révèle. Le scénario est signé Gary Scott Thompson, le créateur de Fast and Furious excusez du peu, et pourtant l'écriture ici tient sur un timbre-poste. Le réalisateur Dimitri Logothetis, déjà responsable du calamiteux Jiu Jitsu avec Nicolas Cage, retombe dans les mêmes travers : une mise en scène qui mise tout sur la post-production, avec des effets numériques que même les critiques les plus indulgents qualifient de datés, et une bande-son totalement à côté de la plaque pendant les scènes d'action.
Le vrai paradoxe du film, c'est Freeman lui-même. Sa présence à l'écran est minime, presque anecdotique, et pourtant elle suffit à faire dire à une partie de la presse que c'est la seule chose qui sauve encore Gunner du naufrage complet. Hemsworth, lui, s'en sort mieux que prévu : plusieurs critiques y voient une vraie carte à jouer pour l'avenir du cinéma d'action, coincé dans un film qui ne lui donne clairement pas les moyens de ses ambitions.
Gunner, au fond, c'est le symptôme d'un système : vendre un film à l'international sur deux noms, avant même de savoir si le résultat final tiendra la route. Et toi, tu l'as vu, ou tu comptes l'éviter soigneusement ?
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