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SuivreLe mystère de la foi
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Je ne sais pas si Dumont se revendique disciple de Bresson ou Pialat, voire Bernanos, mais son vif intérêt à filmer le mysticisme et la spiritualité pour traiter des questions existentielles et religieuses, le tout de manière simple et naturaliste, rappelle fortement les auteurs susmentionnés.
Hadewijch, l'histoire de Céline, était mon quatrième film de Dumont, et ma sympathie envers ce réalisateur n'a pas terni après le visionnage de ce film. J'ai vraiment apprécié ce portrait juste d'une jeune femme dévouée à Dieu, qui croit que pratiquer la religion, c'est souffrir le martyre, mettre en pratique chaque jour l'idéal ascétique en se mortifiant, afin d'illustrer sa recherche extrême de sens, de tangible, à travers une relation presque érotique qu'elle s'invente avec le Christ, qu'elle traite comme un petit ami absent et négligent, mais qu'elle continue d'aimer, car il faut l'aimer.
Dumont nous montre que tout cela est vain, que cela fait d'elle un réceptacle totalement inadapté à la vie en société. Et lorsqu'elle rencontre un musulman, le à la fois sympathique et énervant Yassine, le frère de ce dernier exploite ce réceptacle pour en faire une terroriste... preuve du manque total de discernement de notre pieuse Céline, preuve que cette quête du Christ ne lui a jamais fait développer le cerveau, ne lui a apporté rien d'autre que souffrance et frustration, pour un résultat inexistant.
Elle est tellement perdue et naïve qu'elle se promène nonchalamment en pleine cité avec son petit chien dans les bras, sans mesurer les risques que représente sa présence au sein de ce milieu, ayant la bonne idée d'aborder un groupe de voyous et leur gros molosse, ou de se rendre dans une mosquée où un Yassine effrayé la réprimande quant à sa démarche insensée. J'ai beaucoup aimé cette scène, on ressent une tension, on croit que Céline va se faire tabasser, que son chien va se faire dévorer, que sa présence lors du cours sur l'islam va déclencher une bagarre, que le frère de Yassine va la prendre violemment à partie quand elle lui parle de Jésus, mais non, rien de tout cela. Tout se passe bien, il ne lui arrive rien.
La fin est magnifique, on y voit Céline trouver la vie en cherchant la mort, sauvée de la noyade par un homme, l'homme, dans sa médiocrité, bien loin du vertueux Jésus mais bien présent. La symbolique, puissante, associée au cadre splendide, donne lieu à une fin vraiment époustouflante.
Une expérience encore marquante, un film exigeant, qui explore la foi dans un milieu réaliste et naturaliste, qui transmet ce sentiment de vanité, cette recherche de foi incompatible avec la vie quotidienne, à l'image de Céline lorsqu'elle essaie de justifier sa foi auprès de Yassine, qu'elle apprécie mais auprès de qui elle ne peut s'engager à cause de sa fidélité envers quelque chose qu'elle ne comprend pas, même après des recherches toujours plus absurdes ou douloureuses.
Créée
le 8 nov. 2023
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