Regarder cette comédie musicale de la fin des années 80 parodiant la mode des émissions télé de danse des années 1960 baignant dans leur jus raciste (entre autres) depuis notre année 2026 n'est pas de tout repos. Il faudrait que je complète la filmo de John Waters mais j'ai l'impression que c'est Hairspray qui marque le gigantesque tournant dans sa carrière, abandonnant son style trash de série B pour un domaine comique beaucoup plus grand public — mais toujours avec Divine, toujours aussi impressionnante, dans un double rôle savoureux ici. La tonalité adoptée est ouvertement grossière, et il y a une quantité considérable d'ingrédients qui en temps normal me donneraient la nausée, alors qu'au contraire, ils se condensent ici en un pastiche gentil et étonnamment premier degré (dans sa dénonciation) du cinéma hollywoodien des années 1950-1960. Je ne m'explique pas mon niveau d'appréciation.


C'est probablement le festival d'interprétations outrancières mais très maîtrisées qui maintient une ligne de flottaison plus que correcte. Je crois bien qu'il n'y a pas un seul personnage, principal ou secondaire, qui ne m'ait pas fait délirer, auquel je n'ai pas accroché. Tous les seconds rôles se déchaînent, sur la piste de danse du Corny Collins Show ou non. Bien sûr devant tout le monde il y a Ricki Lake, que j'ai trouvée incroyablement pertinente dans son rôle, que ce soit sur le terrain des espoirs (les auditions pour l'émission TV constituent le premier jalon à ce niveau, mais en réalité elle traverse le film avec un élan d'optimisme très net envers tout ce qu'elle entreprend) ou sur celui du symbole anti-grossophobe. La frontalité avec laquelle Hairspray traite des questions d'intolérance, de racisme et autres mécanismes réactionnaires, détonne totalement avec le côté très gentillet et presque familial de l'enrobage fourni par la mise en scène. Ce cocktail est aussi incroyable dans sa composition que dans ses effets.


Le film inclut une quantité astronomique d'apparitions remarquées et de caméos divers, que ce soit Debbie Harry débarquée de Blondie spécialement pour composer une mère abominable d'une compétitrice abominable, Ric Ocasek exfiltré de son groupe The Cars pour une courte séquence mémorable chez des hippies, ou encore Waters lui-même dans le rôle complètement déluré d'un psychiatre censé soigner une fille atteinte d'une maladie mentale selon ses parents — en réalité, jugée trop progressiste et ouverte d'esprit pour son époque et son milieu social. Le film emporte dans son sillage musical toutes les luttes antiségrégationnistes pour exploser les obstacles sociaux classiques dans la joie et la bonne humeur, avec un mélange bizarre de dureté (des problématiques) et de simplicité (des résolutions). Le déluge de costumes, maquillages et coiffures pour recréer une ambiance 60s pop et fantasmée s'accorde au final très bien avec les tubes pop de l'époque qui inondent l'intrigue et les danses. Rien à voir avec la transgression des années 1970 chez le cinéaste du type Desperate Living ou Pink Flamingos, mais cette ouverture n'est pas pour me déplaire.


https://www.je-mattarde.com/index.php?post/Hairspray-de-John-Waters-1988

Morrinson
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Créée

le 28 juil. 2026

Critique lue 4 fois

Hairspray

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6

2goldfish

le 16 oct. 2010

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Critique de Hairspray par 2goldfish

J'écris simplement pour dire aux gens que non, ceci n'est pas une comédie musicale des années 2000 avec Zac Efron et John Travolta. Après je mets que 6 parce que, quand même, Waters a fait carrément...

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Plume231

le 14 nov. 2015

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Plus pour les enfants que pour les vieux cyniques comme moi !!!

S'il n'y avait pas eu la présence de Divine dans un double rôle, celui de la mère délurée de la protagoniste et celui d'un directeur de chaîne férocement raciste, quelques gags délirants autour...

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Eric31

le 3 janv. 2018

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Critique de Hairspray par Eric31

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