Hallow Road
5.9
Hallow Road

Film de Babak Anvari (2025)

Il est 2h du matin, le verre brisé et les restes d'un dîner inachevé dessinent le tableau d'une querelle domestique. Si votre propre vie de famille vous semble parfois complexe, rassurez-vous : Hallow Road vous prouvera qu’il y a toujours pire. Ce film, sous couvert de thriller psychologique, s’apparente davantage à un plat sortie du micro-onde.


SUV Familial

Dès les premières scènes, on est plongé dans le fiasco d'une cellule familiale qui n'est plus qu'une façade. Frank, Maddie et leur fille Alice incarnent un désordre émotionnel palpable. Leurs aventures nocturnes, provoquées par un accident de voiture de leur fille, prennent les allures d’un calvaire.


La clime

Si le scénario part d’une prémisse solide, il s'évertue à accumuler les fausses pistes avec une énergie déconcertante. On nous promet des rebondissements, des révélations fracassantes, mais le film nous fait le coup de la ficelle. L'arrivée d'une femme mystérieuse et de son mari, la victime qui se relève, les mensonges qui se multiplient… tout cela semble nous conduire vers un climax grandiloquent, une apothéose de la peur. Or, non. Le dénouement est d’une simplicité désarmante, à la limite de la farce.


Caméra de recul de qualité

Malgré ses faiblesses scénaristiques, la direction artistique du film est bonne. La caméra, précise, capte les visages et le paysage nocturne qui se dérobe pour laisser place une ambiance froide. Cette dernière est lourde, pesante, et l'on ressent un malaise grandissant, comme si l'on était assis sur le siège arrière. L'atmosphère est tellement travaillée qu'elle en devient presque un personnage à part entière.


Pensez à votre ceinture

En conclusion, Hallow Road est une œuvre interessante, qui ose par moment. Si le film ne vous fera peut-être pas sursauter de peur, il aura au moins le mérite de vous faire sourire, de façon cynique, en vous disant qu'au fond, tout n'est qu'un grand malentendu. Etrange fin...


Ce n'est pas la peur qui fait vibrer le cœur,

Mais le rire nerveux du spectateur.

Les masques tombent, révélant la farce,

Ce n'était qu'un grand malentendu qui passe.

Abishai
4
Écrit par

Créée

le 20 août 2025

Modifiée

le 22 août 2025

Critique lue 790 fois

Abishai

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