137e film de l’année : Harakiri (revisionnage)
“Notre code d’honneur n’est qu’une façade.”
J’ai redécouvert cette pépite sur Discord, en visionnage collectif avec une dizaine de personnes.
Un des plus beaux étalonnages en noir et blanc qu’il m’ait été donné de voir. Un noir et blanc d’une pureté incroyable.
Rajoutons à ça le clou du spectacle : la mise en scène et la photographie de Masaki Kobayashi. Une modernité de mise en scène, avec des plans généraux magnifiques. C’est vraiment le mot pour décrire l’esthétique du film : magnifique.
Je sors de ma NG+1 de Sekiro: Shadows Die Twice, donc je ne suis pas dépaysé (notamment le dernier combat du flashback sur la plaine, fort sentiment de Genichiro vs Loup dans les champs).
Cadres larges pendant tout le métrage.
Champs / contre-champs larges.
Les cadres permettent de montrer la différence entre un samouraï qui vient se faire harakiri et ceux qui gèrent le dojo. Ils te disent que le harakiri est un honneur, un art, mais te jugent dès ton entrée dans le dojo (ce qui se ressent via la mise en scène).
D’où ce phénomène de distance, de rigidité des “juges”.
Concernant son côté traditionnel, là où, par moments, la limite du lore des samouraïs, c’est sa temporalité : les traditions et comportements d’antan peuvent rendre le discours rébarbatif et vieillot de nos jours, Harakiri, au contraire, est intemporel car encore tout à fait moderne.
Ça rentre dans le lore samouraï, mais pas trop à la fois.
Le fait que ça ne rentre pas totalement dans ces traditions sur le respect du samouraï rend le tout très moderne.
Concernant le rythme, je le trouve globalement bon.
Seul hic : le début du flashback. Bien qu’essentiel, il offre une cassure dans la mise en scène. Il permet d’apporter de la profondeur au protagoniste (et un gain de temps dans son histoire), mais aussi un rythme un peu plus inégal.
C’est forcément un film sans (ou avec très peu) de musique / ambiance sonore, qui joue principalement sur le ton de ses personnages et sur une mise en scène large, moderne mais très fixe.
En revenant sur le côté “moderne”, la démystification du harakiri en fait partie : vu comme noble et très honorable, le personnage principal le voit comme un acte cruel et barbare. C’est tout le propos du film globalement.
Un film sur les samouraïs et leur pratique du harakiri, mais avec un fort côté jugement : un tribunal aux allures de dojo pendant 2h15.
Un film qui juge et se fait juger.
Un film qui juge l’histoire.
8.5/10