Hate crime est un film qui aime la sobriété. Aucune ambition, des arguments sommaires, un pitch minimaliste, qui laisse totalement le film se reposer sur ses acteurs. Le crime de haine, c’est un homosexuel sans histoire, entreprenant des procédures d’adoption, qu’on retrouve battu et laissé agonisant dans un parc. Sobre et sans détour. Et sans originalité aussi. Il est inconvenant de parler de clichés pour un film réaliste qui mise sur les performances d’acteurs et qui ne veut pas être spectaculaire. Mais quand AUCUNE performance ne vient se démarquer (à l’exception d’un personnage principal intéressant dans ses contradictions), et qu’on assiste à un duel basique entre le curé homophobe du quartier et l’homo en deuil, on soupire. Et ces longues séquences de prêches où on répète que Dieu est amour et qu’il punit d’un juste châtiment les pêcheurs non repentants… Pitié… Si le pessimisme du ton a au moins la décence de respecter la souffrance du compagnon et que la « révélation » du film se révèle être une vraie surprise (comme c’est le seul point vraiment positif, il est bon de le relever), l’ensemble relève du drame inutile, se bornant à prôner l’extermination des homophobes. Et vas y que l’acte de haine, qui n’était pas montré, est filmé en détail avec le coupable le sourire aux lèvres, et vas y qu’on légitime la vengeance. Sans la moindre subversion ni de subtilité, le film se prend les pieds dans le tapis et trébuche, se bornant à dire que la religion, c’est mal. OK, c’est peut être subversif au texas, mais en rien, le film ne se révèle marquant. Dommage, car quelques plans étaient inspirés (l’enlèvement des bandes de police du lieu du crime, ou tout revient à la normale en laissant un vide). Malgré le sérieux de l’ensemble et deux trois bonnes idées, Hate Crime est un thriller mou tellement basique qu’il lassera rapidement son spectateur, malgré son pessimisme et quelques efficaces séquences sentimentales.