Au vu de l’affiche et du pédigrée, je ne me faisais aucune illusion sur les non-qualités de cette production Amazon. Néanmoins je classe les comédies françaises médiocres en deux catégories. D’un côté, les comédies fast-food insipides et affligeantes, voire énervantes. Bref, les gros navets. De l’autre, les comédies sincères mais terriblement maladroites ou incompétentes, tellement ubuesques qu’elles font rire malgré elle. Bref, les bons nanars.
Quand je me lance dans ce genre de visionnage, j’espère tomber sur la deuxième catégorie, malheureusement rare. Raté, « Haters » c’est du bon gros navet qui tache !
Kev Adams joue le rôle de Thomas, influenceur Youtube victime d’un bad buzz. Pour relancer sa chaîne, il va donc aller confronter ses haters en personne. Honnêtement, le sujet de base n’était pas mauvais, voire carrément pertinent.
Evoquer la vie d’un influenceur, la gestion de sa chaîne, les contrats publicitaires, les batailles avec l’algorithme, les tournages… pourquoi pas. Et puis amener quelqu’un qui fait des critiques anonymes sur le web 2.0 à les faire IRL, devant la personne, pour qu’il assume ses propos, cela aurait pu être intéressant.
Mais non, ne rêvez pas, tout ceci sera balayé par un scénario d’une médiocrité affligeante. Rien ne sera traité en profondeur dans le fonctionnement du métier de Thomas, qui est juste un gogol suivi par une andouille avec une caméra (Estéban, particulièrement mauvais et insupportable). Tandis que des pirouettes paresseuses seront bien souvent déployées pour éviter de confronter le hater à ses propos.
A ce niveau, le film est simplement construit comme une série de sketch, conviant chacun une guest-star en guise de hater. Sauf qu’ils sont tous sacrément nuls. Au mieux laborieux, au pire consternant. C’est à se demander ce que certains sont venus faire là (Sara Forestier ? Audrey Fleurot ? William Baldwin ???). Amazon aurait-il profité du covid (le film est sorti en 2021), pour débaucher des acteurs trop contents de sortir du chômage technique ?
Et ce n’est pas la mise en scène indigente qui transformera cette gabegie en objet filmique acceptable.