Bien qu'empruntant à l'épouvante, il serait plus avisé de considérer Haunter comme un thriller surnaturel. Tout simplement parce que ce film n'est pas destiné à effrayer ; les quelques jumpscares sont grossiers, éculés, et la bande-son invite davantage au fantastique. Il y a cependant bien plus dans cette intrigue. Vincenzo Natali, à l'instar de son excellent Cube, ou même d'un Nothing, nous propulse d'emblée dans un endroit anormal, où l'étrangeté est déjà de mise, la jeune Abigail Breslin étant piégée dans une boucle temporelle. Les explications surviennent alors petit à petit, de par quelques révélations qui rendent ce long-métrage plutôt original dans le genre "maison hantée", à la façon de quelques Autres avant lui. Haunter garde toutefois une part de mystère - ce qui permet certaines facilités - et reste assez soft dans l'ensemble (digne d'un épisode de Chair de Poule). Mais Natali surprend toujours dans ses intrigues, détournant constamment les artifices usuels pour rendre son film captivant.